« C’est moi qui ai déconné » : Gradit balance la vérité sur sa fracture !

Vendredi soir, l’image de Jonathan Gradit quittant prématurément la pelouse face à l’Olympique Lyonnais a fait frissonner le public de Bollaert-Delelis.

Heureusement, ce pépin musculaire à la cuisse gauche n’a rien de comparable avec le cauchemar absolu qu’a traversé le défenseur central ces derniers mois. Si cette alerte le privera du choc de Ligue des Champions face au Sporting Portugal ce mardi, elle n’est qu’une péripétie au regard des 310 jours passés dans les abysses. Près d’un an après le drame, « La Perceuse » est sortie du silence pour raconter la véritable histoire d’une fracture qui a bien failli mettre un terme définitif à sa carrière.

La fin de l’omerta : « C’est moi qui ai déconné »

Retour au 28 novembre 2025. Lors d’une banale séance matinale à La Gaillette, la saison de Jonathan Gradit vole en éclats : fracture du tibia-péroné. À l’époque, le RC Lens verrouille totalement la communication. Une chape de plomb s’abat sur l’événement, laissant même prospérer la rumeur tenace d’une blessure survenue seul, à la suite d’une mauvaise réception.
La réalité est tout autre, et le défenseur l’assume aujourd’hui avec une honnêteté désarmante dans les colonnes de La Voix des Sports. Loin de se dédouaner, il endosse l’entière responsabilité du choc traumatisant. Admettant que c’est lui qui a « déconné dans la situation », il confesse s’être laissé déborder par son tempérament de « très mauvais joueur » et de « gagneur ». Poussé par une vive « frustration dans l’entraînement », le numéro 24 Sang et Or s’est jeté dans un contact qu’il n’aurait jamais dû disputer. Conscient de son erreur, il assure n’éprouver « aucune rancœur » envers le coéquipier impliqué, avec qui il a d’ailleurs échangé des messages le soir même, préférant analyser ce drame comme une cruelle « leçon de vie ».

Un traumatisme sonore et un tunnel mental

Les stigmates de ce matin d’hiver ont longtemps hanté le groupe artésien. Gradit décrit une scène insoutenable, figée dans un froid glacial, où sa « jambe [était] quasiment à l’envers ». La violence du choc a été telle que le bruit de la fracture a « traumatisé tout le monde », à commencer par le joueur lui-même, dont les nuits ont longtemps été rythmées par ce sinistre écho. Terrassé par une douleur qui allait bien « au-delà d’être supportée », le défenseur a même dû être anesthésié à même la pelouse.
À 33 ans, cette épreuve physique s’est rapidement muée en détresse psychologique. Plongé dans une immense solitude, l’ancien Caennais a flirté avec la dépression, noyé sous les idées noires. L’idée de résilier son contrat et de raccrocher définitivement les crampons a sérieusement traversé son esprit. Il aura fallu une discussion fondatrice et décisive avec le directeur sportif Jean-Louis Leca pour provoquer le déclic salvateur et lui donner la force d’entamer une rééducation longue de dix mois, jusqu’à son grand retour face au Mans en septembre dernier.

Une simple alerte avant l’Europe

Aujourd’hui, l’homme a changé. Son regard sur l’existence s’est adouci, même s’il a conservé intacte cette fameuse grinta qui a fait sa légende en Artois. C’est d’ailleurs cette débauche d’énergie qui lui a valu de tirer sur son ischio-jambier face à Lyon vendredi.
Mais à La Gaillette, l’heure n’est plus à la panique. Yannick Cahuzac a tenu à rassurer tout le monde après la rencontre, expliquant que le staff n’avait simplement « pas voulu prendre de risques ». Si des examens complémentaires dicteront la marche à suivre, l’entraîneur corse reste confiant, estimant que la lésion ne semble « pas trop grave ».
Jonathan Gradit assistera donc au choc européen face au Sporting depuis les tribunes, avec la certitude réconfortante que le pire est définitivement derrière lui.

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