L’été 2025 avait érigé le binôme Benjamin Parrot et Jean-Louis Leca au rang de magiciens de la cellule de recrutement. Avec des pioches magistrales qui allaient porter le club vers le titre de vice-champion de France (Risser, Baidoo, Udol, Sangaré, Édouard, Thauvin…), le RC Lens avait tutoyé la perfection.
Un an plus tard, l’état de grâce s’est évaporé. Avec 7 petits points au compteur en championnat (contre 10 l’an passé), un changement précoce d’entraîneur (Cahuzac remplaçant Toppmöller) et une impression de fragilité globale, le Racing vacille. La cause première ? Des recrues estivales 2026 qui tardent terriblement à justifier les attentes placées en elles.
Les têtes d’affiche sont de véritables fantômes
En tête de gondole de ce mercato en panne, les recrues d’expérience affichent un rendement abyssal. Arrivé d’Anderlecht avec son lourd CV international, Thorgan Hazard (33 ans) est totalement hors du coup. Le Belge est tellement inexistant qu’il n’était même pas convoqué pour le choc européen face au Sporting (0-2), alors qu’il est médicalement apte. Une énigme qui suscite une profonde incompréhension en interne.
Le scepticisme est tout aussi grand autour de Jean-Clair Todibo. L’international français, prêté par West Ham, n’a connu qu’une seule titularisation en un mois et demi, le club communiquant davantage sur son éternel « processus de remise en forme » que sur ses performances. Le cas du défenseur Maik Nawrocki relève, lui, de la pure poisse : alors qu’il montait en puissance, le Polonais s’est gravement blessé au genou en septembre, ruinant son intégration.
Des joueurs de couloir au bilan statistique vierge
Sur les ailes, l’apport comptable est désespérément plat. Le piston Michal Skoras, venu de La Gantoise, enchaîne les allers-retours sans peser sur le jeu (une maigre passe décisive lors de la 1ère journée, puis plus rien). Constat similaire pour Junior Kadile, prêté par Lausanne. S’il profite intelligemment de la blessure d’Abdallah Sima et de la méforme d’Odsonne Édouard pour gratter du temps de jeu, sa percussion reste stérile (0 but, 0 passe).
Les rares satisfactions perdent déjà leur souffle
Même les joueurs ayant montré de belles promesses commencent à tirer la langue. Michaël Cuisance, la recrue la plus utilisée du mercato, stabilise certes la possession et épaule bien Thauvin techniquement, mais son apport offensif reste étonnamment neutre. Le très prometteur Yacine Titraoui a vu, quant à lui, son bel élan brisé net par une blessure à l’ischio-jambier.
Enfin, le symbole de cette perte de vitesse nomme Franjo Ivanovic. Le Croate avait démarré en trombe (2 buts), séduisant par son pressing et sa spontanéité. Mais le soufflé est vite retombé. Remplaçant lors des deux derniers matchs de Ligue 1, il a traversé la rencontre de Ligue des Champions contre le Sporting comme une ombre, avec une seule fulgurance (son missile sur le poteau) avant d’être sorti à l’heure de jeu.
Loin du sans-faute de 2025, ce mercato 2026 s’apparente à un cruel retard à l’allumage. Yannick Cahuzac va devoir rapidement faire preuve d’ingéniosité et trouver la clé pour relancer ces recrues, sous peine de voir cette saison de transition se transformer en chemin de croix.
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