Deux matchs de Ligue des Champions, deux erreurs pointées du doigt. Après une sortie hasardeuse à Prague face au Slavia, Robin Risser a de nouveau été épinglé mardi lors du naufrage face au Sporting Portugal (0-2), coupable d’un placement douteux sur la percée décisive d’Issa Doumbia.
À l’heure du bilan, le raccourci est tentant : le jeune gardien de 21 ans ne serait pas au niveau de la C1. Pourtant, faire de l’international français le bouc émissaire de ce début de campagne européenne relève de l’aveuglement. Il est temps de marteler une vérité implacable du football : un gardien, aussi talentueux soit-il, ne peut afficher un haut niveau de performance que s’il est protégé par une défense digne de ce nom.
Le mythe du gardien sauveur derrière une muraille de papier
Depuis le mois d’août, Robin Risser est contraint de colmater les innombrables brèches d’une arrière-garde instable, décimée par les absences majeures et livrée à une forme d’inexpérience chronique . Comment exiger d’un portier qu’il dégage une sérénité absolue quand la ligne qui le précède prend l’eau sur les transitions adverses ?
Mardi, avant de craquer sur le second but, c’est bien Risser qui a maintenu le navire à flot d’une parade monumentale face à Luis Suarez. Comme le rappelle très justement Guillaume Warmuz dans l’Équipe, le gamin « apprend son métier » dans des conditions dantesques. L’ancien portier lensois remet l’église au centre du village : sans les multiples interventions de son jeune successeur, « il y aurait eu un ou deux buts de plus » en faveur des Lisboètes.
Une exposition tactique assumée par Cahuzac
L’erreur de placement reprochée au portier lensois face aux Portugais s’inscrit d’ailleurs dans une consigne tactique stricte. Yannick Cahuzac, pour qui Risser reste un indiscutable « pilier d’une maturité incroyable », est immédiatement monté au créneau. C’est le staff qui exige de son dernier rempart une position très haute sur le terrain pour accompagner l’agressivité et le pressing du bloc. Les ratés dans la gestion de la profondeur ne sont pas imputables au seul gardien, mais bien à une défaillance collective d’une défense qui ne parvient pas à s’aligner correctement.
L’ombre des Bleus et l’échéance de Bruges
Propulsé dans le grand monde, logiquement appelé par Zinédine Zidane en équipe de France (un rassemblement qu’il a dû zapper sur blessure), l’ancien strasbourgeois découvre la pression inhérente à son nouveau statut. Il n’a rendu qu’un seul clean-sheet cette saison (lors du Trophée des Champions face au PSG), une anomalie statistique frustrante pour un gardien de sa trempe, d’autant que Guillaume Restes et Jean Butez poussent fort derrière lui pour s’installer chez les Bleus.
S’il est évident que la vitrine de la C1 agit comme un révélateur impitoyable de ses marges de progression, Robin Risser ne pourra inverser la tendance tout seul. Le déplacement couperet à Bruges, mercredi prochain (21 heures), sera un grand test pour lui, mais la véritable question sera de savoir si ses défenseurs seront enfin capables de lui faciliter la tâche.
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