Il devait être le patron incontesté de l’arrière-garde artésienne, l’homme providentiel capable de guider la jeunesse lensoise dans les joutes de la Ligue des Champions. Un mois et demi après son arrivée retentissante, Jean-Clair Todibo s’est transformé en véritable énigme.
Prêté sans option d’achat par West Ham dans les ultimes heures du mercato estival pour pallier une hécatombe défensive, l’international français soulève aujourd’hui de lourdes interrogations quant à la pertinence de son recrutement.
Le mirage d’un renfort XXL
Fin août, le coup de force de la direction lensoise avait pourtant de l’allure. En chipant le défenseur central au nez et à la barbe de l’Olympique de Marseille, contraint de dégraisser avant de pouvoir conclure, le Racing pensait réaliser le braquage de l’été. Le joueur avait même consenti à rogner significativement son salaire pour rallier le Pas-de-Calais. Fort de son CV ronflant (FC Barcelone, Nice, Premier League), il cochait toutes les cases du roc défensif apte à stabiliser l’équipe sur la scène européenne et à palier le départ de Malang Sarr.
La réalité comptable est aujourd’hui d’une pauvreté saisissante : 81 minutes disputées toutes compétitions confondues. Lancé pour 36 minutes en sortie de banc face au Mans mi-septembre, il a ensuite traversé sa première titularisation à Monaco comme une ombre, remplacé dès la mi-temps. Depuis, plus de son, plus d’image.
À l’issue de ses premiers pas sarthois, le discours du joueur laissait pourtant transparaître un certain optimisme, mêlé à une grande lucidité sur son état de forme : « Individuellement je me sentais bien. Après, je n’ai pas encore les jambes. […] J’avais les jambes pour tenir les 45 minutes mais pas pour tenir un match complet, c’est encore compliqué. » Il n’hésitait d’ailleurs pas à évoquer l’Équipe de France comme un « objectif personnel ».
Une disparition totale qui interroge
Depuis cette déclaration, c’est le trou noir. Écarté du groupe lors de la trêve internationale pour le match amical contre le Standard, absent de la feuille de match pour la victoire de prestige face à l’Olympique Lyonnais, Jean-Clair Todibo a de nouveau ciré le banc hier soir lors de la défaite face au Sporting Portugal (0-2). Une mise à l’écart d’autant plus incompréhensible que Samson Baidoo, titularisé dans l’axe, a rapidement affiché d’inquiétants signes de faiblesse. Sur le papier, une recomposition avec Antonio à droite, Ganiou dans l’axe et Todibo à gauche semblait couler de source pour stopper l’hémorragie. Le staff en a décidé autrement.
Retard athlétique ou erreur de casting ?
L’explication officielle pointe un déficit athlétique majeur. Sevré d’une préparation estivale digne de ce nom avec West Ham, le joueur de 26 ans est arrivé hors de forme dans l’Artois. Face à son incapacité à encaisser l’intensité folle réclamée par la Ligue 1 et la Coupe d’Europe, le staff l’aurait soumis à un programme de remise à niveau drastique.
Cette justification soulève une problématique structurelle gênante : comment une cellule de recrutement peut-elle se précipiter sur un profil censé éteindre un incendie défensif sans évaluer précisément son aptitude à jouer dans l’immédiat ? Le mutisme de la direction sur l’évolution de son cas laisse le champ libre aux premières rumeurs de fiasco industriel sur les réseaux sociaux.
La conférence de presse d’avant-match précédant le déplacement à Troyes, prévue ce jeudi, offre une tribune toute trouvée. Il est grand temps que Yannick Cahuzac dissipe cet épais brouillard.
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