La fissure du péroné droit de Loïs Openda, survenue vendredi soir sur la pelouse de Bollaert (2-1), prive l’Olympique Lyonnais de son atout offensif majeur pour au moins un mois.
Face à ce lourd préjudice sportif, la direction rhodanienne a laissé éclater sa frustration via un communiqué incendiaire, pointant du doigt un arbitrage jugé trop laxiste. Si la déception lyonnaise est parfaitement compréhensible face à la perte d’un joueur clé, le procès en sorcellerie intenté à la défense artésienne, et plus particulièrement à Jonathan Gradit, exige une sérieuse remise en perspective.
Jonathan Gradit : un marquage viril, mais aucune malveillance
Dans l’œil du cyclone médiatique rhodanien, Jonathan Gradit est implicitement accusé d’avoir instauré un climat de brutalité autour de l’attaquant belge. Les suiveurs lyonnais rappellent avec amertume que la seule sanction récoltée par les adversaires d’Openda cette saison est le carton jaune adressé au défenseur lensois vendredi.
Il est indéniable que Gradit a imposé un défi physique intense dès les premières minutes à son ancien coéquipier et ami. Toutefois, ce marquage serré relève de la rudesse inhérente au rôle de défenseur central en Ligue 1, et non d’une quelconque volonté de blesser. L’historique du numéro 24 sang et or devant la commission de discipline de la LFP plaide d’ailleurs sans équivoque en sa faveur : il est un joueur rugueux et accrocheur, mais son casier prouve qu’il n’est pas un joueur méchant. L’ironie du sort a d’ailleurs voulu que l’engagement du défenseur artésien finisse par se retourner contre son propre corps, l’obligeant à céder sa place sur blessure musculaire plus tard dans la rencontre.
Ismaëlo Ganiou : un malheureux fait de jeu
L’autre raccourci de cette polémique concerne l’action fatidique ayant entraîné la lésion osseuse. Le choc ayant fissuré le péroné de l’attaquant n’est pas l’œuvre de Jonathan Gradit, mais le résultat d’un contact avec Ismaëlo Ganiou en début de seconde période.
Le ralenti de ce duel témoigne d’un engagement total, mais mutuel. Il s’agit d’un fait de jeu brut, un contact très viril où aucun des deux acteurs ne s’échappe, totalement dénué d’intention fautive de la part du jeune défenseur lensois. Imputer à Ganiou la responsabilité morale de cette fissure (peut être déjà présente avant la rencontre), ou y voir l’aboutissement d’un « traitement » ciblé par le RC Lens, relève de l’aveuglement partisan dicté par la déception.
Perdre son attaquant vedette pour plusieurs échéances cruciales (dont la Coupe d’Europe) est un coup de massue pour Paulo Fonseca, qui va devoir réorganiser un secteur offensif démuni. L’amertume du club rhodanien est totalement justifiée par la gravité du verdict médical, mais elle ne doit pas réécrire le scénario d’une rencontre où l’intensité, bien que malheureuse ce soir-là pour le buteur belge, est restée dans les strictes limites du combat sportif.
Il convient d’ailleurs de rappeler qu’avec son style de jeu tout en percussion et en dribbles, Loïs Openda subit logiquement les rudesses des défenses adverses depuis le début de la saison, un traitement de faveur malheureusement inhérent à tous les attaquants de son calibre.
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