Toppmöller viré : on essaie de comprendre pourquoi

Nommé mi-juin pour succéder à Pierre Sage, Dino Toppmöller a vu sa mission lensoise s’achever hier, à peine trois mois après son arrivée.

Un timing qui a interloqué tout le monde

Quand la nouvelle est tombée sur le site de L’Équipe peu avant midi hier, avant même que les joueurs n’en soient informés lors d’une réunion d’urgence organisée à 15 heures à la Gaillette, beaucoup de supporters, nous y compris, sont restés perplexes. Le calendrier choisi comme la brutalité apparente de la décision détonnent avec les fameuses valeurs familiales tant revendiquées par le club, surtout dans un contexte où trois entraîneurs s’étaient déjà succédé en trois étés (Haise, Still, Sage). Certains n’ont pas manqué d’ironiser en comparant ce tourbillon à la valse des bancs bien connue du FC Nantes version famille Kita.
Reste une question centrale : pourquoi se séparer d’un entraîneur porté aux nues à peine trois mois plus tôt, présenté alors comme l’homme capable de faire oublier Pierre Sage ? Quelle faute aurait-il donc commise pour connaître une fin aussi abrupte ?

Un bilan pourtant loin d’être catastrophique

Certes, les débuts avaient révélé des fragilités dans plusieurs secteurs de jeu, largement imputables au renouvellement massif de l’effectif et à une infirmerie qui n’a cessé de se remplir. Mais sur le seul plan comptable, Toppmöller affichait un bilan tout à fait honorable, entre le Trophée des champions décroché dès son premier match officiel et une première victoire en Ligue des champions.

Entre théories complotistes et vrais dysfonctionnements

Dans ce genre de situation, les hypothèses les plus diverses circulent forcément. La première évoque une volonté à peine dissimulée de Jean-Louis Leca de promouvoir son ami Yannick Cahuzac au poste d’entraîneur principal, une rumeur qui courait déjà avant même l’arrivée de l’Allemand. Une autre piste pointe une greffe qui n’aurait jamais vraiment pris, ni humainement, ni tactiquement, ni physiquement, avec un projet de jeu jugé illisible. Une source proche du club a confié à L’Équipe : « les retours miraculeux à Prague et au Mans dimanche ne pouvaient plus être l’arbre qui cachait la forêt, on était en train de perdre notre identité de jeu, notre intensité, ça devenait plus que préoccupant. » Une troisième explication évoque enfin des critiques internes de certains joueurs, qui auraient jugé le travail tactique et physique trop léger par rapport aux standards imposés sous Pierre Sage.

La version officielle : un conflit interne au staff

Du côté du club, la thèse avancée est différente : le divorce couvait depuis plusieurs semaines déjà, lié à l’intégration difficile de l’adjoint franco-portugais Nelson Morgado, censé notamment faire le lien avec la cellule d’analyse mais qui n’aurait jamais réussi à trouver sa place. Des divergences trop importantes seraient apparues avec le reste du staff, et lorsque la direction a décidé de le pousser vers la sortie lundi, Toppmöller, fidèle à ses principes, aurait choisi de rester solidaire de son adjoint plutôt que de le désavouer.

Une version qui arrange tout le monde, mais un vrai gâchis

Que l’on adhère ou non à cette explication, elle a le mérite de permettre à chacun de sortir la tête haute de cet épisode chaotique. Reste un constat implacable : ce nouveau rebondissement porte déjà à quatre le nombre d’entraîneurs passés sur le banc lensois en seulement quatre ans. Une instabilité qui tranche singulièrement avec le discours de continuité habituellement prôné par la direction du club.

En attendant la version de l’intéressé

Dino Toppmöller finira sans doute par s’exprimer publiquement pour livrer sa propre lecture des événements, tant il reste difficile de démêler le vrai du faux à partir d’une seule version des faits. En attendant, l’organigramme du club devrait évoluer durant la trêve internationale, avec l’arrivée, ou non, d’un nouvel entraîneur, le cinquième en quatre ans, pour ceux qui comptent encore.

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