Pourquoi le RC Lens adore recruter des stars en plein doute

Le RC Lens s’est fait une spécialité audacieuse : devenir le tremplin de la rédemption pour les prodiges égarés. Après avoir relancé des garçons comme Florian Thauvin, Malang Sarr, Allan Saint-Maximin ou Odsonne Édouard, le club artésien a remis le couvert cet été en pariant sur l’irrégulier Michaël Cuisance et le volcanique Jean-Clair Todibo.

Loin d’être un hasard, cette stratégie de l’anomalie est totalement assumée par la direction. Pour le directeur général Benjamin Parrot, le fait qu’un joueur ait « échoué ou douté dans sa carrière » constitue paradoxalement un « élément puissant pour matcher avec notre environnement ». L’objectif est limpide : exploiter une soif de revanche décuplée pour « remettre sur l’autoroute » des talents bruts qui, par leurs erreurs passées, ont dû bifurquer par « une route secondaire ».

Une « thérapie de football pur » sous haute surveillance

Attirer des joueurs aux CV ronflants, normalement inaccessibles financièrement, exige une méthode radicale. Le Racing ne vend pas des millions, il propose « une thérapie de football pur » scellée par un « pacte moral » inflexible. Avant toute signature, les recrues subissent un grand oral les yeux dans les yeux pour sonder leur vraie nature, au-delà de leur réputation sulfureuse. Le contrat est clair : le club offre un cadre bienveillant en échange d’une humilité absolue. Une humilité qui se vérifie d’abord sur la fiche de paie. Comme le souligne Dino Toppmöller au sujet du recrutement de Jean-Clair Todibo, le fait qu’une star accepte de « couper une grosse partie de son salaire » pour se relancer représente d’entrée un « signal très très fort ».

Des gardiens du temple intraitables

Pour encadrer ces profils complexes, la direction s’appuie sur les « gardiens des valeurs lensoises ». Des tauliers du vestiaire comme Florian Sotoca et Jonathan Gradit, épaulés par les figures historiques du staff, veillent au grain. Si le club peut se montrer souple sur de petits écarts, la trahison de l’esprit collectif est impardonnable. Allan Saint-Maximin en a fait les frais au printemps dernier. Son absence injustifiée lors de la parade célébrant la victoire en Coupe de France, sous couvert de vagues maux de ventre, a été vécue comme une rupture définitive du pacte moral, poussant logiquement, selon l’Equipe, la direction à ne faire aucun effort pour le conserver.

Nos derniers articles :

Partagez sur vos réseaux