Mercato : pendant que le Paris FC arrose, le RC Lens compte ses sous

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Il y a des mercatos qui résument à eux seuls l’état d’un championnat. Cet été, deux dossiers suivis de près par Lens à des moments différents ont fini dans le même escarcelle : celle du Paris FC, décidément très généreux avec Lassine Sinayoko et Pablo Pagis.

Sinayoko, l’histoire d’une lassitude bien compréhensible

Sur le premier dossier, difficile de reprocher quoi que ce soit à Jean-Louis Leca. Après le rocambolesque feuilleton de l’été 2025, où l’attaquant malien avait déjà donné son accord avant d’être retenu de force par sa propre direction, le directeur sportif lensois a fini par jeter l’éponge cette année, visiblement épuisé par un dialogue de sourds avec les dirigeants auxerrois. Résultat : Sinayoko file au PFC pour 8 millions d’euros, sans que Lens n’ait même eu besoin d’entrer dans la bataille.

Pagis, ou l’art de payer un pari à prix d’or

Le deuxième dossier, celui de Pablo Pagis, est presque une caricature. Dès le départ, les prétentions du président lorientais avaient de quoi faire sourire tout le monde : 20 millions d’euros pour un joueur à qui il ne restait plus qu’une saison de contrat. Un montant qui relevait davantage de la provocation que d’une base de négociation sérieuse.
Sauf que le Paris FC, lui, n’a manifestement pas trouvé ça absurde : direction Paris pour 15 millions d’euros hors bonus, une somme vertigineuse pour un attaquant sorti d’une première saison prometteuse, certes, mais encore loin d’appartenir au gratin du championnat.

Deux vitesses, un fossé qui ne fait que s’élargir

Ces deux dossiers dessinent en creux la nouvelle cartographie de la Ligue 1. D’un côté, un club fermé qui peut se permettre à peu près n’importe quelle folie financière : PSG, Monaco, Rennes, et désormais le Paris FC, qui vient de rejoindre ce cercle très privé. De l’autre, le Gruppetto, où l’OM, l’OL et Nice glissent d’ailleurs peu à peu, faute de moyens comparables.
Et puis il y a Lens, sagement rangé du côté des clubs qui refusent la fuite en avant, contraints par une ligne de conduite fixée noir sur blanc par Joseph Oughourlian : pas de folies, une gestion saine, et des ambitions calibrées sur des saisons correctes ponctuées de campagnes européennes.

Le vrai test, ce sera cette saison

Si le mercato estival 2026 se révèle aussi solide que celui de l’an dernier, il n’y a évidemment pas matière à s’inquiéter outre mesure. Mais la vraie question se posera lors de cette saison avec le championnat, la C1 et la Coupe de France au programme, celle où il faudra confirmer sans se laisser distancer par des clubs qui, eux, n’ont clairement plus les mêmes contraintes budgétaires.
Un championnat à deux vitesses où le RC Lens joue, pour l’instant, la carte de la raison. Reste à savoir combien de temps la raison suffira face aux chéquiers grands ouverts d’en face.

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