Joseph Oughourlian sort à nouveau la sulfateuse et vise la LFP et Labrune

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Dans un long entretien accordé à L’Équipe, le président du RC Lens n’a pas mâché ses mots sur l’état de la gouvernance du football professionnel français. Joseph Oughourlian y dresse un constat sans appel de la gestion de la Ligue, avec en ligne de mire Vincent Labrune et l’ensemble du conseil d’administration qu’il incarne.

Une loi votée massivement, une Ligue restée sourde

Le président artésien revient d’abord sur son implication personnelle dans la récente réforme du sport professionnel, adoptée cette semaine. Selon lui, plusieurs clubs, dont Lens et l’OM, ont pris les devants auprès des parlementaires pendant que la Ligue, elle, s’est totalement crispée face à cette initiative, allant jusqu’à balayer d’un revers de main toute critique venue de l’extérieur.
Un aveuglement d’autant plus incompréhensible à ses yeux que le texte a été approuvé à une écrasante majorité, aussi bien au Sénat qu’à l’Assemblée nationale : « avec un tel bilan, on ne la ramène pas », tranche-t-il, chiffres à l’appui d’une Ligue dont les revenus auraient chuté de 70 % pendant que les coûts explosaient.

Une rupture assumée avec le conseil d’administration

Joseph Oughourlian justifie longuement son départ du conseil d’administration de la Ligue par un refus catégorique de continuer à cautionner des décisions qu’il qualifie de dénuées de sens.
Il cite en exemple le report du match Lens-PSG voté à l’unanimité malgré un calendrier qu’il jugeait déjà contraire aux intérêts du championnat. Fatigué de jouer les trouble-fêtes systématiques, il tranche sans détour : « j’ai fait une carrière d’activiste financier, ça me va, je n’ai pas besoin de faire ça dans le foot. »

Labrune, symbole d’un échec plus large

Sans détour, le dirigeant élargit le propos au-delà du seul président de la LFP, estimant que les décisions prises ces dernières années, l’accord avec DAZN en 2024, la dégradation continue du produit ou encore la priorité donnée aux compétitions européennes au détriment du championnat national, traduisent un échec collectif de toute la gouvernance en place : « c’est plus que Labrune, c’est l’échec de tout le conseil d’administration qu’il incarne », lâche-t-il.
Il pointe également l’incapacité de la Ligue à lutter efficacement contre le piratage, qu’il juge être resté « les bras ballants » à se plaindre, quand d’autres championnats comme la Liga se sont dotés des meilleurs experts du marché sur ce sujet, comme il a pu le constater via ses propres activités dans les médias en Espagne.

Une répartition des droits TV jugée déséquilibrée

Le patron lensois termine en dénonçant les inégalités persistantes dans la répartition des droits télévisés entre clubs, un chantier que la Ligue n’aurait, selon lui, jamais sérieusement engagé, obligeant finalement le législateur à s’en mêler « en désespoir de cause ». Il regrette au passage que certains clubs dits petits ou moyens ne défendent pas davantage leurs propres intérêts dans ce rapport de force, une faiblesse qu’il relie directement selon lui « aux limites de la multipropriété » dans le football.

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