La défaite face à AS Monaco a laissé des traces. Dix minutes d’errance, un avantage de 2-0 dilapidé, et Bollaert sonné. De quoi alimenter les débats toute la semaine. Certains y ont vu un basculement. Éric Di Meco, lui, préfère lever le pied sur le catastrophisme ambiant.
Au micro de RMC dans l’émission Rothen s’enflamme, l’ancien défenseur de l’OM n’a pas cédé à l’emballement. Pour lui, parler de « tournant » est un réflexe un peu rapide. Il rappelle qu’après le 5-0 infligé par le PSG à l’OM, beaucoup annonçaient déjà un championnat plié. « Puis le match d’après, ils perdent 3-1 à Rennes », glisse-t-il, histoire de remettre un peu de perspective dans un paysage où l’analyse change parfois plus vite que le classement.
Selon le consultant, le championnat est rythmé par des « accidents réguliers ». Même au sommet, même pour les équipes les plus armées. À ses yeux, chaque contre-performance ne peut pas être érigée en moment décisif. « Sur chaque accident ou mauvaise performance, on va dire que c’est un tournant », soupire-t-il en substance.
Di Meco va plus loin. S’il faut hiérarchiser les alertes, la claque reçue au Vélodrome lui paraît plus préoccupante que celle concédée face à Monaco. « La défaite de Lens à Marseille est plus terrible », tranche-t-il, rappelant que ce soir-là, les Sang et Or « n’existaient pas ». Contre Monaco, au contraire, Lens avait la main avant de la perdre brutalement.
Cela ne signifie pas qu’il nie les fragilités. « Le problème de Lens, on le connaît », pointe-t-il, évoquant une tendance récurrente face aux grosses cylindrées. Dans les affiches majeures, les Artésiens se font « souvent accrocher ». Un constat plus structurel qu’émotionnel.
Pour autant, Di Meco refuse de parler de rupture dans la course au titre. Non, tout n’est pas terminé pour Lens, d’autant que même Paris souffle « le chaud et le froid ». Pour preuve, encore hier soir le match mal maîtrisé des hommes d’Enrique en C1 face aux Monégasques qui ont joué à 10 durant 30 minutes (2-2).
Pas d’enterrement prématuré du RC Lens. Juste un rappel lucide : à ce niveau, chaque absence de dix minutes se paie comptant. À ce titre, le match de demain soir à Strasbourg sera un bon indicateur.
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