Il y a quelques jours à peine, Mounir Chouiar jurait ses grands dieux qu’il s’épanouissait à Berkane, ville tranquille du nord-est marocain, au sein d’un club « qui n’a rien à envier à certaines formations européennes ». Une déclaration toute en enthousiasme faite dans les colonnes d’Afrik Foot, teintée d’un discours posé, presque mature. L’ancien espoir de la Gaillette semblait enfin avoir trouvé un port d’attache.
L’histoire d’amour n’aura duré qu’un battement de cils. Le voilà désormais, micro tendu devant lui, lançant un appel du pied à peine voilé aux nouveaux dirigeants du RC Lens. Dans une interview accordée à Top Mercato, Mounir Chouiar se livre à une confession sucrée sur son « envie de revenir là où il a grandi ». « Je ne perds pas espoir, confie-t-il. Revenir à Lens, ça ne me dérangerait pas. » Une volonté déjà exprimée, dit-il, l’été dernier, mais contrariée par des « dossiers prioritaires » côté sang et or.
On pourrait saluer la fidélité du cœur si elle ne venait pas après une série de ruptures mal digérées. Depuis son départ du RC Lens en 2019 contre un chèque de 3,5 millions d’euros, un exil à Dijon qui avait laissé un goût amer chez les supporters Sang et Or, Chouiar a empilé les clubs : Dijon, Malatyaspor, Basaksehir, Kasimpasa, Ludogorets, Amiens, Zurich… et donc Berkane. Neuf clubs en six ans. Une valse sans fin.
À 27 ans en janvier prochain, le joueur né à Liévin donne l’impression de toujours courir après lui-même. Pourtant, à Zurich, il sortait d’une saison honnête : 36 matchs, 5 buts, 6 passes. Et pourtant, il a encore plié bagages. À croire que l’herbe est toujours plus verte ailleurs, ou du moins jusqu’à ce qu’il faille l’entretenir.
Soucieux de redorer son image, Chouiar a aussi tenu à recadrer certaines « rumeurs » sur son départ de Lens. « J’étais jeune, je voulais découvrir la Ligue 1 », justifie-t-il. Le problème, c’est que ce refrain a déjà été joué, remixé, et n’émeut plus grand monde. À force de vouloir revenir dans tous les clubs qu’il a quittés, l’attaquant est en train de se forger une réputation de nostalgique à géométrie variable.
À Lens, où les souvenirs de sa précipitation à partir ne sont pas complètement effacés, l’heure n’est clairement pas à un come-back de ce genre. D’autant plus qu’au poste qu’il affectionne, la concurrence est désormais féroce. Il y a des places à prendre, mais sans doute pas pour un joueur dont la boussole semble aussi instable que sa carrière.
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