Il y a des dates qui ressemblent à des couperets. Ce 30 juin, terme de saison oblige, en était une pour le RC Lens. En l’espace de quelques heures, le club a dû officialiser deux séparations, l’une et l’autre annoncées depuis longtemps, devenues secrets de polichinelle, mais dont la simultanéité accentue le sentiment d’un secteur défensif en pleine reconstruction.
Sarr s’en va sans avoir jamais répondu
Le feuilleton Malang Sarr n’aura connu aucun rebondissement de dernière minute. Devenu le taulier de la défense artésienne sous Pierre Sage, auteur de 31 apparitions et de 2790 minutes de jeu cette saison, le défenseur franco-sénégalais a laissé sa prolongation sans réponse, malgré les sollicitations répétées du club. Arrivé libre en provenance de Chelsea il y a deux ans, Sarr quitte donc Bollaert sans la moindre contrepartie financière pour le Racing, un crève-cœur sportif autant que comptable, le trésorier lensois ne touchant pas un penny.
Le timing de ce départ pique d’autant plus que la trajectoire du joueur ne pouvait pas mieux tomber pour lui. Sa première saison artésienne avait été poussive, le temps de retrouver un rythme après une année blanche en Angleterre. Mais cette année, mis en confiance par Pierre Sage, il a tout simplement explosé : titulaire indiscutable de l’axe gauche, il a même décroché une place dans le onze type des Trophées UNFP.
Une exposition qui a logiquement aiguisé les appétits, avec des intérêts venus d’Arabie saoudite et de Fenerbahçe évoqués dans la presse. Dans son communiqué, le club a salué « l’investissement » du joueur et lui a souhaité « le meilleur pour la poursuite de sa carrière », la formule consacrée des adieux que l’on n’aurait pas souhaités.
Avec ce départ, Sarr devient le quatrième joueur en fin de contrat à quitter l’Artois cet été, après Adrien Thomasson, Wesley Saïd et Allan Saint-Maximin.
Masuaku, retour à l’expéditeur
Quelques heures plus tard, c’est au tour d’Arthur Masuaku de boucler ses valises. Arrivé en prêt sans option d’achat depuis Sunderland en janvier dernier, le latéral gauche, pourtant formé à la Gaillette, n’aura pas eu le temps de retrouver vraiment ses marques en Artois. Sa parenthèse lensoise se solde par un bilan comptable mince : quatre apparitions en Ligue 1, dont trois comme titulaire, et deux matchs de Coupe de France sans la moindre titularisation. Un total alourdi par un épisode regrettable lors du quart de finale à Lyon, où il avait été expulsé alors qu’il s’échauffait en bord de touche, pour des propos adressés à l’arbitre assistant.
Venu doubler le poste de piston gauche derrière Matthieu Udol tout en offrant une option supplémentaire dans l’axe défensif, Masuaku n’aura finalement pesé que marginalement sur la saison, même s’il repart avec une Coupe de France dans les bagages. Il retrouve désormais Sunderland, sous contrat jusqu’en 2027. En attendant, le natif de Lille poursuit sa Coupe du monde sous les couleurs de la RD Congo, où les Léopards, qualifiés pour les seizièmes de finale, affrontent l’Angleterre ce mercredi.
Un effectif qui se redessine à grande vitesse
Pris séparément, ces deux départs n’auraient surpris personne. Pris ensemble, ils illustrent surtout l’ampleur du travail qui attend Jean-Louis Leca cet été et les regrets de voir partir autant de joueurs à l’aube d’une saison européenne. La défense artésienne, déjà fragilisée par les incertitudes physiques de Jonathan Gradit et Samson Baidoo, perd en l’espace d’une matinée son patron de l’arrière-garde et l’une de ses solutions de rotation sur le flanc gauche. Le mercato lensois, à peine entamé, prend déjà des allures de chantier prioritaire.
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