Transfert Sinayoko avorté : Jean-Louis Leca crache ses vérités

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Le RC Lens pensait tenir son nouvel attaquant. Lassine Sinayoko, international malien, devait s’engager le 24 août chez les Sang et Or pour quatre ans. Accord trouvé entre les clubs, visite médicale calée, tout roulait. Jean-Louis Leca, s’était même déplacé deux jours avant en personne à Auxerre pour finaliser le dossier.

« On cherchait un attaquant. Le petit (Lassine Sinayoko) faisait partie de la liste. […] Je prends ma voiture et me déplace. J’ai demandé un rendez-vous aux dirigeants auxerrois. […] On a fait une négociation de trois heures à table. On s’est serré la main. » a déclaré hier soir le directeur sportf du RC Lens au micro de l’émission Rothen s’enflamme.
Trois conditions étaient posées. L’AJA les avaient acceptées : le prix du joueur, le fait qu’il puisse jouer avec Auxerre lors du déplacement à Nice et que ce soit acté par écrit. « Je leur ai dit ‘on est des hommes et j’espère qu’on restera des hommes’. J’ai serré la main à des gens qui m’ont regardé dans les yeux et qui m’ont dit ‘on est des hommes ici à Auxerre’. »

Et c’est là que tout s’écroule. Dimanche, alors que les Sang et Or sont en route pour Le Havre et que le joueur est attendu à la Gaillette pour la visite médicale, conformément aux accords écrits (Leca avait même reçu un draft récapitulatif), l’accord ne tient plus. Coup de fil confus, justifications bancales, agents désignés comme boucs émissaires… La direction bourguignonne se défausse : « Le dimanche en partant au Havre, ça a été une discussion au téléphone avec des gens qui ne savaient plus où se mettre. ‘C’est la faute aux agents, à ceux-ci, à ceux-là’. Des gens qui n’ont pas respecté leur parole et qui ne sont pas des hommes. »

Une gestion à la petite semaine, à base d’hésitations, de reniements et d’un amateurisme inquiétant. Le joueur ? Il voulait venir : « Le joueur était ok. Le dimanche, il était sur Paris avec son agent pour venir chez nous. Quand ils ont fait ce coup bas, ils se sont pressés de nous envoyer un mail à 15h en disant ‘on interdit le joueur de voyager’. Ils ont menacé le joueur en lui disant que s’il voyageait, il y aurait des choses intentées contre lui. »

Devant ce qu’on peut appeler un numéro de funambule sans filet ni honneur, le RC Lens fait ce que tout club digne ferait : il se retire. « Le petit voulait venir, il ne savait plus où se mettre. Il a été pris en otage. Quand on a vu ça, j’ai dit stop. On ne va pas s’abaisser à des choses comme ça. On sort du dossier, on ne traite plus avec des gens comme ça. » raconte en conclusion Jean-Louis Leca.

Respect, loyauté, engagement : des valeurs que le Racing Club de Lens préfère défendre que trahir, même au prix d’un échec sportif. Aujourd’hui, Sinayoko est toujours joueur de l’AJ Auxerre, coincé, enchaîné par un contrat jusqu’en juin 2026. Mais la roue tourne vite, très vite. Et dès le 1er janvier prochain, le joueur pourra négocier librement avec le club de son choix en vue de l’été suivant. Peut-être que le RC Lens sera encore là, en embuscade, fidèle à ses convictions et à son ambition.

En attendant, un rendez-vous approche : le RC Lens se déplacera en Bourgogne dans un mois. Et on ne va pas se mentir : ce ne sera pas une visite de courtoisie. Car sur la pelouse de l’Abbé-Deschamps, c’est tout un club, toute une équipe, tout un vestiaire qui se souviendra de cette trahison. Et la meilleure des réponses à donner à cette mascarade aura la forme d’un score. Un seul mot d’ordre : battre Auxerre chez lui. Et leur rappeler ce que signifie vraiment le mot « honneur » et « d’en avoir dans le pantalon »…

Photo : Jean-Louis Leca au Havre après avoir appris la trahison d’Auxerre : la tête des mauvais jours



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