Hier soir, dans un stade Bollaert en ébullition, comme possédé par la fièvre des grands soirs, le RC Lens a enchaîné une troisième victoire consécutive en championnat. Après avoir balayé le LOSC (3-0) dans le derby et s’être sorti du piège tendu par le Paris FC (2-1), les Sang et Or ont cette fois fait chuter un Olympique de Marseille jusque-là invaincu depuis le 31 août. Score final : 2-1. Une victoire pleine de caractère, de maîtrise, et d’intensité, qui place désormais Lens à un petit point du PSG, vainqueur un peu plus tôt de Brest.
L’OM, qui arrivait pourtant en Artois sur une dynamique de cinq victoires d’affilée en Ligue 1, a été surpris par une équipe lensoise qui ne cesse de monter en puissance. On pourrait parler d’exploit. Mais ce serait presque insultant tant les Lensois, une nouvelle fois, ont dominé les débats avec maturité et autorité. Ce succès ne doit rien au hasard : il est le fruit d’un collectif huilé, d’une intensité étouffante, et d’un public qui, à chaque match, transforme Bollaert en chaudron nordique.
Alors bien sûr, tout n’est pas encore parfait. La finition reste parfois laborieuse, et les occasions gâchées s’accumulent. Mais une fois cette efficacité offensive retrouvée, il faudra sérieusement commencer à se poser la question : et si cette équipe pouvait viser plus haut que le ventre mou du classement ? Ce qui était prédit par de nombreux observateurs en août dernier.
À Lens, on reste mesuré. On ne parle pas encore d’Europe, comme pour conjurer le sort ou ne pas s’emballer trop tôt. Mais Pierre Sage a glissé avant la rencontre une phrase lourde de sens : « Aujourd’hui, nous avons rendez-vous avec notre ambition. »
Le message est clair : ce RC Lens n’est pas là pour faire de la figuration. Et après neuf journées, ce fameux « rendez-vous » commence à ressembler à une belle histoire qui ne demande qu’à s’écrire en majuscules.
Ce que nous avons aimé :
– L’ambiance et les tifos dans les tribunes de Bollaert-Delelis : Une atmosphère exceptionnelle, comme souvent.
– 38223 spectateurs, 71ème guichet fermé.
– Qu’avec cette victoire, le RC Lens se montre à la hauteur du club qui était censé cette saison rivaliser avec le PSG.
– Que Florian Thauvin laisse le ballon du penalty à Édouard.
– Le penalty plein de sang-froid d’Odsonne Édouard pour l’égalisation lensoise. Une panenka dans un match comme celui-là, il fallait oser ou être vraiment sûr de soi.
– La prestation défensive de Jonathan Gradit : Toujours bien placé face aux offensives marseillaises, il a livré un match plein de générosité et a permis à Baidoo de briller.
– Adrien Thomasson, le « monsieur plus » de cette équipe lensoise, infatigable malgré un avertissement en première période. Le capitaine a été extraordinaire, tel un vrai guerrier.
– La parade de Risser sur la frappe d’Aubameyang, même s’il a été un peu juste sur le but de Greenwood.
– La prestation de Samson Baidoo, le roc autrichien, qui a été monstrueux en défense. Les attaquants marseillais s’en souviendront longtemps.
– Mamadou Sangaré, impressionnant match après match. Le milieu lensois a été omniprésent tout au long de la rencontre, malgré quelques premières minutes difficiles.
– La prestation exceptionnelle de Benjamin Pavard : Il concède un penalty et marque contre son camp. On ne pouvait attendre mieux d’un ancien Lillois.
– Voir le RC Lens prendre la deuxième place du classement, juste derrière le PSG après neuf journées de championnat. Qui a dit que nous étions dans une saison de transition ?
– Remporter deux matchs consécutifs à domicile, les Sang et Or sont à nouveau maîtres à la maison.
– D’avoir désormais la certitude que le RC Lens dispose d’un trio défensif exceptionnel que de nombreux clubs vont nous envier.
– Le sens du sacrifice de Guilavogui qui est entré en jeu pour briser les dernières volontés des Marseillais, quitte à frôler l’expulsion.
– Que le RC Lens garde le bâton de Bourbotte, anecdotique mais tellement plaisant.
– La maîtrise technique de Florian Thauvin et sa créativité, qui a régalé sur plusieurs phases de jeu.
– Le travail défensif de l’infatigable Aguilar, qui avait embarqué avec lui hier ses trois poumons.
– Que le RC Lens ait fêté dignement l’anniversaire de son ancien capitaine Florian Sotoca, 35 ans !
– La communion avec les supporters à l’issue de la rencontre.
– Que le RC Lens ait ainsi laissé la chaîne Ligue 1+ s’immiscer dans les vestiaires.
Ce que nous n’avons pas aimé :
– Le premier quart d’heure des Sang et Or, asphyxiés par le pressing marseillais.
– Nous poser souvent la question de savoir si Wesley Saïd était vraiment sur la pelouse.
– La prestation d’ensemble d’Odsonne Edouard, intéressant comme point de fixation, auteur d’un somptueux penalty qu’il s’était procuré, qui aide Pavard dans son CSC, mais on attend beaucoup plus de lui sur la durée d’un match.
– L’ouverture du score marseillaise, sur leur première frappe du match, qui est restée en travers de la gorge de Pierre Sage.
– L’entrée timide en fin de rencontre de Saud Abdulhamid, plus rapide que Ruben Aguilar mais beaucoup moins efficace sur les replis défensifs.
– De constater que la suspension approchait pour Adrien Thomasson. Quatrième jaune en neuf journées.
– Que le RC Lens ait arrêté de jouer après le 2-1, en acceptant la domination marseillaise en fin de rencontre. Un pari risqué… mais gagné.
– Que la mère Frappart ait encore frappé. Sans l’aide de la VAR, qui l’a rappelé à l’ordre, elle passait à côté de la faute de Pavard en accusant Edouard de simuler.
– L’absence de Facundo Medina, apparemment non présent à Bollaert-Delelis, sans qu’aucun commentateur ne mentionne son nom.
– Le comportement de certains supporters en tribune Marek, qui ont rallumé des fumigènes malgré la récente suspension et le sursis en cours. Joli mais inutile.
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