La dynamique est excellente, l’effectif dense, les ambitions intactes. Mais derrière la vitrine d’un RC Lens solide dauphin du PSG, une réalité plus délicate s’impose : celle des jeunes joueurs condamnés, pour l’instant, à gratter des miettes.
La non-convocation d’Andrija Bulatovic face à Rennes en est l’illustration la plus frappante. Au moment d’annoncer son groupe, Pierre Sage a tranché en faveur d’un équilibre défensif et offensif plus large, anticipant notamment la sortie programmée de Samson Baidoo. Le Monténégrin, pourtant performant ces dernières semaines, est resté à quai.
Le technicien n’a pas esquivé : il a parlé d’une décision « complètement injuste ». Rare aveu. Pierre Sage reconnaît avoir été gêné, presque à contre-cœur, face à un joueur « qui donne tout » et qui sortait d’une période « très, très performante ». Mais le haut niveau ne laisse que peu de place à l’équité sentimentale : il faut couvrir les postes, prévoir les scénarios, sécuriser les fins de match.
Même logique pour Anthony Bermont. Entre l’arrivée d’Arthur Masuaku et surtout celle d’Allan Saint-Maximin, la hiérarchie offensive s’est densifiée. Le jeune ailier, 21 ans, a vu ses perspectives s’assombrir. Non prêté cet hiver, écarté du groupe à Troyes puis contre Rennes, il découvre la face moins glamour de l’apprentissage.
Pierre Sage évoque un « langage corporel expressif » qui peut prêter à interprétation, sans remettre en cause l’intention du joueur. Le message est clair : le talent ne suffit pas, il faut afficher une constance mentale irréprochable. « Il est en train d’apprendre la frustration des joueurs de haut niveau », glisse l’entraîneur, soulignant que les dernières semaines n’avaient pas été à la hauteur avant un sursaut salutaire à l’entraînement.
Dans cette rotation serrée, d’autres noms apparaissent en filigrane : Celik, Sylla, Fofana… Tous concernés par une concurrence accrue. Bulatovic en a fait les frais, Bermont l’a senti passer, et chacun comprend que la fin de saison ne laissera que peu d’espaces.
Le coach refuse pourtant de sacrifier ses options offensives. « Il faut toujours avoir des solutions pour inverser les tendances », insiste-t-il. Les choix sont parfois douloureux, mais ils témoignent d’un groupe « qui se porte bien » et d’un effectif compétitif.
Reste la gestion humaine. Car derrière chaque feuille de match, il y a des trajectoires en construction. La réussite collective du RC Lens impose des arbitrages serrés. Aux jeunes de transformer la frustration en carburant. Et au coach de maintenir l’équilibre fragile entre performance immédiate et promesses d’avenir.
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