Le RC Lens n’est pas seulement une machine à faire vibrer Bollaert. C’est aussi un club où l’ascension interne peut se jouer à coups de patience, d’intelligence émotionnelle… et de flair présidentiel. La trajectoire de Benjamin Parrot, désormais directeur général du Racing, en est la démonstration éclatante.
Entré dans l’organigramme lensois par la porte du marketing et de la communication en 2021, Benjamin Parrot a gravi les échelons à un rythme qui laisse peu de place au hasard. Directeur de la marque et des revenus dès 2022, il passe directeur général délégué à l’été 2024, au départ d’Arnaud Pouille. Puis, en mai dernier, il prend le fauteuil de DG, succédant à Pierre Dréossi après une saison de transition.
Une montée en puissance logique pour Joseph Oughourlian, président et propriétaire du club : « Notre com’ a explosé quand il est arrivé. Un si haut potentiel, tu t’en aperçois vite », glisse-t-il à L’Équipe, citant en exemple la mise en scène de la prolongation de Seko Fofana dans le rond central de Bollaert, devenue instantanément virale et emblématique.
Lorsque Pouille quitte le club au printemps 2024, Oughourlian pense déjà à Parrot pour prendre la suite. Mais l’intéressé décline. Non pas par manque d’envie, mais par lucidité. « Il m’a dit : “Je ne veux pas me brûler” », raconte le président lensois. « La situation du club était compliquée, tendue financièrement. 98 % des gens auraient sauté sur l’occasion en criant à la promotion. Lui, non. »
Cette capacité à refuser la lumière quand elle aveugle, à apprendre encore quand d’autres veulent régner trop vite, a marqué le propriétaire du Racing : « Il est profondément intelligent dans sa gestion de carrière. » Résultat : une saison d’apprentissage aux côtés de Dréossi, et deux gros coups à son actif en quelques mois seulement.
Le partenariat avec Adidas, qui équipera les Sang et Or à partir de 2026-2027, c’est lui. Le rachat du stade Bollaert-Delelis par le club, c’est encore lui. Deux dossiers majeurs menés avec une efficacité qui finit de convaincre Oughourlian de le propulser en première ligne. En mai 2025, cette fois, Benjamin Parrot est prêt. Et il dit oui.
En interne, on salue un dirigeant à contre-courant des profils carriéristes habituels : « Il est bienveillant, à l’écoute, très ouvert d’esprit. Il gère les conflits intelligemment, sans rentrer dans l’émotionnel, en s’en tenant aux règles, notamment sur le budget », confie le président.
Loin d’être un communicant qui se serait égaré dans les affaires sportives, Benjamin Parrot incarne aujourd’hui une forme de modernité dans la gouvernance d’un club professionnel : vision stratégique, maîtrise des symboles, sens du tempo. Et surtout, un refus rare de forcer son destin.
Joseph Oughourlian, séduit, a finalement eu ce qu’il voulait dès le départ. Il fallait juste attendre le bon moment. Parrot, lui, ne l’a pas laissé passer.
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