Dans un football français qui brûle du cash à peu près partout, le RC Lens fait figure d’exception. Le club artésien a bouclé l’exercice 2024-2025 avec un bénéfice net de 4,286 millions d’euros, selon les chiffres publiés par la DNCG. À l’échelle de la Ligue 1 actuelle, c’est presque une anomalie. Et surtout, c’est un signal fort.
Le RC Lens finit dans le vert quand beaucoup plongent
Publié par la DNCG, ce résultat place Lens parmi les bons élèves du championnat. Dans un paysage où plusieurs grosses cylindrées affichent des pertes vertigineuses, voir les Sang et Or finir dans le vert a de quoi rassurer. Surtout après deux saisons de gestion plus serrée sous l’impulsion de Joseph Oughourlian.
Dans le contexte actuel du football français, ce simple constat a déjà du poids. Finir avec un résultat positif n’a plus rien d’ordinaire. Et pour Lens, cela confirme au moins une chose : le club a mieux encaissé la tempête que beaucoup d’autres.
Un bénéfice réel, mais largement porté par le mercato
Mais il faut aussi regarder l’envers du décor. Car ce bénéfice repose largement sur le mercato. Sans les ventes de joueurs, l’exploitation courante du RC Lens aurait terminé bien plus bas. Les revenus hors transferts atteignent 68,780 millions d’euros, alors que les charges grimpent à 125,154 millions. L’écart est massif.
Autrement dit, Lens tient parce qu’il vend bien. Ce n’est pas une honte, ni même une anomalie dans le football français actuel. Mais cela rappelle que la solidité affichée reste encore très liée à la capacité du club à bien manœuvrer sur le marché.
Les revenus courants restent insuffisants pour absorber les charges
Dans le détail, les droits audiovisuels représentent 15,359 millions d’euros, le sponsoring 21,721 millions, la billetterie 16,812 millions, et les autres produits 14,888 millions. En face, la masse salariale et les charges sociales pèsent à elles seules 59,819 millions d’euros.
C’est là que se voit la tension structurelle du modèle. Même avec un stade qui répond présent et des partenaires solides, les recettes récurrentes ne suffisent pas encore à absorber le coût global de fonctionnement. Le RC Lens reste donc un club mieux tenu que d’autres, mais pas encore libéré de cette dépendance.
Joseph Oughourlian peut revendiquer une gestion plus saine
Cela donne aussi un autre relief aux décisions prises depuis deux saisons. Les mesures parfois strictes impulsées par Joseph Oughourlian ont pu bousculer certaines habitudes, voire frustrer sur le plan sportif. Mais sur le plan économique, elles ont clairement permis au club de redresser la barre.
Dans une Ligue 1 où beaucoup avancent à perte et où la gestion collective laisse souvent perplexe, Lens peut au moins défendre une forme de cohérence. Le club ne fait pas de miracles, mais il garde une trajectoire plus saine que nombre de ses concurrents.
La Ligue des champions changerait forcément la donne
Le vrai enjeu, désormais, est simple : transformer cette stabilité relative en levier sportif. Si Lens accroche la Ligue des champions, le club pourrait respirer un peu plus fort et revoir sa marge de manœuvre à la hausse sur le mercato. Ce serait évidemment une excellente nouvelle.
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