Arrivé à Nice avec l’aura d’un bâtisseur reconnu, Franck Haise, qui avait enchanté Bollaert, semble désormais à court d’oxygène sur la Côte d’Azur. Trois défaites en huit jours, un jeu amorphe, une équipe sans ressort, et un entraîneur qui commence à douter de tout… jusqu’à lui-même.
Après la claque européenne contre Fribourg, c’est Metz qui est venu infliger un nouveau coup de bambou au Gym (2-1). Et si Franck Haise n’a pas explosé face aux micros cette fois-ci, ses mots ont résonné avec une amertume froide, presque désabusée. « On vient de perdre trois matchs dans la semaine, je ne vais pas sauter de joie », lâche-t-il, sans énergie. Mais le plus inquiétant est ailleurs : dans cette lassitude palpable, dans cette impression que même lui ne voit plus la lumière.
Son discours, autrefois porteur de convictions, est devenu celui d’un technicien en quête de repères. Changer de système ? Modifier sa philosophie de jeu ? Il y pense. Mais le cœur n’y est pas : « Ça m’embête de devoir renier mes principes », confie-t-il, tout en admettant qu’il n’a aucune certitude sur ce qui pourrait fonctionner à la place. Même l’idée d’un bloc bas et de contres ne l’emballe pas. D’autant qu’il n’est pas convaincu d’avoir les joueurs pour.
Et que dire du mercato ? Pas grand-chose à espérer selon lui. « Le club a investi, mais surtout beaucoup vendu. Si on n’a pas pu faire plus cet été, je ne vois pas pourquoi ce serait différent cet hiver », glisse-t-il, lucide et résigné. Traduction : ne comptez pas sur une révolution en janvier.
Pendant ce temps-là, le président Fabrice Bocquet, fidèle à la langue de bois corporate, répète que « l’alignement » entre toutes les strates du club est intact et que le projet s’inscrit dans la durée. Des propos convenus, sans chair, déconnectés du terrain où les certitudes s’effondrent semaine après semaine.
Le plus glaçant reste sans doute la nouvelle boussole de Franck Haise : fini les rêves européens, place à la lutte pour ne pas regarder dans le rétroviseur. « Top 7 ? Ce n’est pas là que je regarde. Pas du tout. Je regarde derrière », avoue-t-il.
Ce Nice-là est à l’image de son entraîneur : inquiet, fragile, et à deux doigts de se faire happer par la spirale négative. Haise n’a jamais été un adepte des coups de com’ ou des grands mots. Mais quand même lui commence à parler maintien en novembre, c’est qu’il y a le feu dans les idées… et pas seulement dans le vestiaire.
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