Il y a encore quelques mois, l’idée faisait sourire. Le PSG champion, Lens dans le rôle du trouble-fête courageux, et le printemps ramenant tout le monde à sa place. Un scénario écrit d’avance, comme souvent en Ligue 1. Sauf que cette saison refuse obstinément de suivre le script.
Dans son éditorial du jour, Vincent Duluc, le rédacteur en chef de L’Équipe pose un constat qui bouscule les certitudes : après 25 journées, un seul point sépare le Paris Saint-Germain, champion d’Europe en titre, du RC Lens. Et ce n’est plus un simple effet d’optique. C’est un fait comptable, froid, incontestable.
Personne, l’été dernier, n’aurait parié sur un tel scénario. Lens sortait de plusieurs mercatos marqués par des ventes importantes. Le PSG, lui, empilait les talents et les trophées. La hiérarchie semblait gravée dans le marbre. Pourtant, à l’approche du sprint final, c’est bien un mano a mano qui se dessine.
Ce qui frappe dans l’analyse du journaliste, c’est l’idée qu’il est temps d’abandonner le réflexe pavlovien consistant à annoncer l’effondrement lensois. Comme si la logique économique, la profondeur de banc ou l’habitude des sommets devaient forcément reprendre leurs droits. Comme si la pression du printemps était réservée aux grandes puissances.
Or, ce Lens-là ne ressemble pas à une équipe de passage. Il a encaissé des coups, répondu présent après ses faux pas, tenu mentalement quand d’autres vacillaient. Il n’a peut-être pas l’armada parisienne, mais il a construit autre chose : une cohérence collective, une constance dans l’effort, une foi presque obstinée.
Le plus troublant, c’est que le suspense ne concerne même plus seulement la deuxième place. Il englobe désormais le PSG lui-même. Et cela change tout. Car à mesure que les journées s’égrènent, l’hypothèse d’un duel jusqu’à la dernière ligne droite cesse d’être romantique pour devenir crédible.
Reste neuf matchs. Neuf occasions de vérifier si Lens peut transformer cette promesse en exploit. Le PSG part toujours favori, évidemment. Mais pour la première fois depuis longtemps, la fatalité n’est plus une évidence.
Et si le véritable exploit n’était pas de rêver du titre, mais d’assumer, jusqu’au bout, qu’il est réellement à portée ?
Extrait de l’édito de Vincent Duluc :
« On n’aurait jamais songé, l’été dernier, que la Ligue 1 soit capable de combattre la fatalité d’un nouveau titre de champion de France du PSG. On n’aurait jamais songé, surtout, que son tourmenteur puisse être le Racing Club de Lens. On n’aurait jamais songé qu’un seul point sépare, après 25 journées, le champion d’Europe en titre et un club qui aura vendu à peu près tout le monde depuis deux ans. On n aurait jamais songé, enfin, que le vieux suspense pour la deuxième place concerne également le Paris Saint-Germain.
C est un reproche, ou une promesse, que l’on se fait à soi-même : il est l’heure de cesser de croire que Lens va craquer, qu’il s’agit forcément du sens de l’histoire, de la puissance respective des deux effectifs, et de l’effet inéluctable de la pression et de la reconnaissance sur un groupe qui n’est pas construit pour être champion et n’a pas vocation à assumer cette pression si particulière au printemps. »
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