Joseph Oughourlian défend un RC Lens solide dans un foot français à la dérive

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Joseph Oughourlian n’a jamais eu la langue dans sa poche, mais ces derniers jours, le président du RC Lens a franchi un cap dans la franchise. Invité de l’After Foot sur RMC et interrogé par le quotidien libanais L’Orient-Le Jour, l’homme fort du Racing a livré sa vision du football français, sans fard ni langue de bois. Au menu : finances, modèle lensois et avenir des clubs.

Face à la crise économique qui secoue le football hexagonal, Joseph Oughourlian est clair : les investisseurs ne se bousculeront pas pour racheter des clubs dans ce contexte instable. « Tant que le football français est dans cette situation, il n’y aura pas de gens qui se presseront aux portillons. Les seuls rachats que vous verrez, ce seront des prix aux rabais », lâche-t-il. De quoi refroidir les derniers romantiques qui espéraient l’arrivée d’un « miracle qatari » dans les couloirs de clubs de Ligue 1 ou Ligue 2.
À Lens, la stratégie est autre. Pas de folies, pas de stars clinquantes, mais un projet structuré, fondé sur une gestion rigoureuse et une identité forte. Le président assume avoir dû vendre ces dernières années. « Notre modèle peut fonctionner, bien qu’il demeure fragile », reconnaît-il. Il insiste sur la rigueur budgétaire imposée au club : « J’essaie d’apporter une connaissance financière, une rigueur dans les processus pour ne pas commettre les erreurs que beaucoup de gens font dans le football. »

Depuis son arrivée à la tête du club en 2017, Oughourlian a connu la Ligue 2, puis les sommets de la Ligue 1 et la Ligue des Champions. S’il a procédé à un grand ménage en coulisses ces derniers mois, départs de Franck Haise et d’Arnaud Pouille, c’est pour garantir la survie d’un modèle qu’il juge sain, mais vulnérable. La cure d’amaigrissement est assumée, avec des départs retentissants (Fofana, Samba, Medina, Danso…) et l’arrivée de profils compatibles avec l’ADN lensois : humilité, travail et esprit collectif.
À rebours des mastodontes déficitaires que sont le PSG ou l’OM (respectivement -60M€ et -39M€ en 2023-2024), Lens affiche une solidité comptable remarquable. La recette : céder intelligemment, recruter avec discernement, et maintenir une masse salariale sous contrôle. Et ça marche. Leader de Ligue 1 à mi-saison, le Racing défie les lois du marché, en restant fidèle à ses racines populaires et son héritage minier. Un club où l’équipe prime sur les individualités.

Mais le modèle lensois fait débat. Si certains louent sa cohérence, d’autres craignent qu’à trop vendre, l’équipe finisse par s’affaiblir. Faut-il conserver ses cadres pour durer, ou continuer à miser sur l’alchimie collective ? La question reste ouverte, mais pour Joseph Oughourlian, une chose est sûre : le football français, sans réforme de fond, ne pourra attirer ni investisseurs ni projets pérennes.
En attendant, à Bollaert, on continue de croire en la force du groupe. Et ça, ce n’est pas qu’une histoire de budget.

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