Florian Thauvin en Bleu : quand Walid Acherchour s’emmêle dans ses contradictions

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Florian Thauvin, rappelé en équipe de France six ans après sa dernière cape, a offert aux Bleus un retour en fanfare face à l’Azerbaïdjan avec un but splendide. Une histoire que le football aime raconter : celle d’un champion du monde revenu de loin, qui se réinvente et retrouve le maillot bleu à la faveur des absences, mais surtout grâce à ses performances et à son état d’esprit.

Mais cette belle parenthèse, qui a touché nombre d’observateurs, a eu un goût amer pour un chroniqueur : Walid Acherchour, voix bien connue de l’After Foot sur RMC, n’a pas caché son scepticisme. « Pour moi, c’est un grand non », avait-il lâché quelques jours plus tôt, jugeant la sélection de Thauvin « injustifiée » et « lunaire », plaidant pour une dynamique plus longue, et invoquant l’exemple de Dilane Bakwa ou de Corentin Tolisso.
Jusqu’ici, une opinion, tranchée mais recevable. Sauf que cette opinion, Acherchour la sert désormais avec un zeste d’irritation, voire de condescendance, vis-à-vis de ceux qui osent la remettre en question, les supporters lensois en tête.

Dans sa réponse ce week-end, le chroniqueur a dégainé une défense un brin caricaturale :
« Les supporters lensois ne connaissaient pas Thauvin il y a trois semaines et le protègent maintenant. Il y a une guerre chez les Lensois, c’est exceptionnel. Les mecs, ils sont énervés. »

Cette tentative de décrédibilisation par le « clubisme » est bien commode. Mais elle ne résout pas le fond du débat : où est passée la cohérence ?
Il y a quelques semaines encore, Walid Acherchour portait aux nues le renouveau offensif du RC Lens, voyant Florian Thauvin comme une pièce maîtresse du jeu de Pierre Sage et comme un des atouts majeurs dans la course à l’Europe. Il en faisait un homme-clé d’un Racing conquérant. Et voilà que, quelques matchs plus tard, ce même joueur n’aurait pas sa place chez les Bleus ?

À ceux qui lui reprochent ce grand écart, Acherchour rétorque :

« J’ai donné mon avis, je ne vais pas m’enfermer dedans. Je dis juste que je n’ai pas trouvé cohérent la manière dont il a été amené médiatiquement à Clairefontaine. Ce n’est pas à Thauvin que j’en veux. »

Mais si ce n’est pas Thauvin, qui est visé ? Deschamps ? Les médias ? Ou simplement une belle histoire qui déplaît parce qu’elle ne coche pas toutes les cases du cynisme analytique habituel ?

Acherchour finit par admettre que Thauvin a été « exceptionnel », qu’il est « très content pour lui » et lui souhaite même « le meilleur ». Soit. Mais il persiste et signe : il ne changerait « pas un mot » à ses critiques initiales.
Un peu comme s’il voulait le beurre, l’argent du beurre, et l’absolution éditoriale en prime.

Dans le fond, ce n’est pas l’opinion qui pose problème. C’est l’absence de nuance, et surtout l’oubli d’une vérité simple : dans le football comme ailleurs, on a parfois le droit d’avoir tort. Et quand un joueur revient de si loin pour offrir un tel moment de grâce, la moindre des choses, c’est peut-être d’accueillir l’instant sans sortir la sulfateuse.