À Bakou, l’équipe de France terminait tranquillement ses qualifications pour la Coupe du monde 2026, déjà validées depuis le festival contre l’Ukraine. Un match pour “voir du pays”, gérer les organismes, offrir du temps de jeu aux prétendants… et, surtout, pour quelques joueurs, tenter le sprint final dans la longue file d’attente menant à l’avion pour les États-Unis. Parmi eux : Florian Thauvin, rappelé à la dernière minute une seconde fois cette année, et qui espérait exister autrement qu’à travers le mot “dépannage”.
Didier Deschamps avait complètement chamboulé son onze, laissant au repos l’intégralité des titulaires de jeudi face à l’Ukraine. Pour Florian Thauvin, cela n’a pas suffi à lui offrir une place d’entrée. Le meneur de jeu lensois a dû patienter sur le banc avant de fouler la pelouse à l’heure de jeu, dans un contexte déjà plié (1-3). Pas l’idéal pour marquer les esprits, mais l’intéressé n’a pas cédé à la frustration.
En une demi‑heure, Thauvin a livré ce que son profil peut apporter : du contrôle, de la justesse, du liant, de la projection propre vers l’avant, des centres de qualité, aucun ballon perdu, quelques dribbles soyeux et la sensation qu’il maîtrise le tempo comme peu savent le faire dans le couloir ou entre les lignes. Bref, pas de paillettes… mais une vraie utilité.
Malheureusement pour lui, l’équipe de France n’attaquait plus, elle gérait. Pas le meilleur écrin pour se montrer. On lui demandait de ne pas dérégler la machine, il l’a huilée, sans qu’aucune caméra ne s’y attarde. Ni Lizarazu, ni Margotton ne prendront la peine d’y consacrer 15 secondes, trop occupés à “broder » des banalités autour d’un résultat devenu sans intérêt. Même traitement du côté du quotidien L’Équipe ou de l’hebdomadaire Voix Des Sports, dont les colonnes du matin semblent souffrir d’amnésie sélective en omettant de parler de la prestation du meneur de jeu Lensois.
Et c’est là que le destin de Thauvin se complique. Non pas sur sa prestation, sérieuse, cohérente, professionnelle, mais parce que la concurrence est beaucoup trop relevée. Sans Mbappé, Dembélé, Doué, Coman, Thuram ni Kolo Muani, la France a encore pu marquer, séduire, et révéler d’autres candidats crédibles.
Dans cette campagne, onze joueurs offensifs ont scoré. Deschamps ne prendra que huit, peut‑être neuf offensifs. Dans les dossiers déjà tamponnés : Mbappé, Barcola, Doué, Olise, Nkunku, Thuram, certainement Mateta, Akliouche, Ekitike et Cherki qui ont eu suffisamment de temps de jeu pour se montrer.
Une loterie cruelle, surtout quand on sait que Thauvin n’a jamais triché depuis son retour au premier plan à Lens.
L’ancien de l’OM n’a pas manqué son retour en équipe de France, mais il n’a pas bénéficié du terrain d’expression nécessaire pour retourner la table. Il n’a pas perdu de points, il n’en a pas réellement gagné. En 2026, Deschamps emmènera avec lui un commando, Florian Thauvin peut encore s’inviter… mais il doit désormais créer l’argument lui‑même, dans un seul endroit : la Ligue 1, semaine après semaine, avec l’efficacité statistique comme témoin de moralité.
Parce que dans la course à l’Amérique, le rêve existe toujours, mais les places sont déjà presque toutes occupées.
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