Elye Wahi plaide coupable pour son passage manqué au RC Lens

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Il était censé incarner la nouvelle vague des attaquants français. Un diamant brut de 30 millions d’euros, poli à Montpellier, taillé pour éclore au RC Lens. Sauf que depuis son départ de l’Hérault, Elye Wahi collectionne les clubs… et les désillusions.

À son arrivée au RC Lens, l’espoir était immense. Mais l’adaptation fut poussive, le rendement décevant : 12 buts en 36 matchs, loin des standards attendus pour un attaquant censé faire oublier Loïs Openda. Rapidement, certains observateurs ont parlé d’erreur de casting. Et ce n’est certainement pas l’OM, qui a investi 25 millions d’euros sur lui, qui dira le contraire.
« À Lens, Franck Haise m’a réveillé deux ou trois fois dans son bureau, en me disant des choses que je n’avais pas envie d’entendre sur le moment, mais qui m’ont fait du bien. » reconnait l’attaquant qui avait été brocardé par le coach pour cette forme de nonchalance agaçante. Il plaide coupable dans une interview accordée à l’Équipe magazine : « Quand je suis arrivé à Francfort l’hiver dernier, on me l’a fait remarquer aussi. Et j’ai essayé de changer. Mais je leur ai aussi dit que j’étais comme ça, que je ne le faisais pas exprès. Ce que les gens voient, c’est que tu traînes des pieds, alors que pas du tout. On peut penser que tu te la pètes aussi, que tu veux prouver des choses. Mais moi, je fais juste ce que j’ai à faire dans mon coin. »

Heureusement, l’OM fut suffisamment crédule pour le racheter au Sang et Or 25 millions d’euros, évitant ainsi que l’erreur de casting lensoise soit devenue une catastrophe industrielle. Après six mois sans éclat sur la Canebière, trois petits buts, dont un sur penalty, et quelques retards à l’entraînement pour compléter le tableau, le board marseillais a préféré le remettre sur le marché plutôt que de prolonger l’expérience. Lui-même l’admettra plus tard, avec un certain fatalisme : « Ça n’a pas marché à Marseille, ça marchera ailleurs, la vie continue. »
Aujourd’hui, c’est à Francfort que Wahi tente de relancer une carrière qui peine à décoller. Un transfert à 26 millions, un contrat jusqu’en 2029, mais toujours pas la moindre étincelle : aucun but inscrit, une seule passe décisive en 13 apparitions. Le bijou tant espéré semble toujours aussi loin du polissage final.

L’attaquant confesse avoir mis du temps à comprendre ce qu’exigeait réellement le haut niveau. Trop encensé trop jeune, il dit avoir inconsciemment levé le pied : « Quand on t’a toujours répété que t’étais fort, tu fais moins d’efforts. Et je pense que c’est humain. Mais un jour ou l’autre, ça te rattrape. »

Le souci, c’est que “ce qu’il a à faire” semble encore flou, même pour lui. Et la patience, dans le foot professionnel, a ses limites. Wahi veut croire que « c’est dans les échecs qu’on se construit ». Soit. Mais après Lens, Marseille et maintenant Francfort, la construction commence à ressembler à un chantier sans fin.

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