Droits TV : La LFP veut déjà enterrer Ligue1+

Partagez sur vos réseaux

Face à des revenus faméliques qui plombent les finances des clubs, la Ligue de Football Professionnel (LFP) veut anticiper. Dès le mois d’octobre, une nouvelle consultation pour la période 2029-2034 pourrait être lancée, avec un objectif clair : faire revenir les diffuseurs historiques comme Canal+ ou séduire les géants de la tech (Apple, Netflix) grâce à une nouvelle arme législative.

La crise des droits TV

C’est un secret de Polichinelle dans les arcanes du football français : la plateforme Ligue1+ est un pansement qui ne masque plus l’hémorragie financière. Si les supporters peuvent se réjouir d’avoir accès à l’intégralité des rencontres sur un canal unique, les présidents de clubs, eux, font grise mine. Les recettes générées par le service de streaming de la LFP restent désespérément modestes.
La situation s’est même aggravée cette saison. Le football français doit composer avec un double manque à gagner vertigineux : l’évaporation des 78,5 millions d’euros annuels versés par beIN Sports (qui a lâché son affiche du samedi) et la perte de l’indemnité de 85 millions d’euros laissée par DAZN après sa sortie de contrat anticipée l’an dernier.
Face à ce péril économique, la Ligue veut agir vite, très vite.

Un appel d’offres anticipé dès cet automne ?

Selon l’Equipe, suivant une note stratégique rédigée en mars dernier par Nicolas de Tavernost (ancien DG de LFP Media), l’instance dirigeante s’apprête à lancer un appel d’offres ultra-anticipé pour la période 2029-2034, date à laquelle l’exclusivité de Ligue1+ s’achèvera. Le lancement de cette consultation pourrait intervenir dès le mois d’octobre.
L’objectif est limpide : sonder le marché avant qu’il ne soit trop tard et trouver, enfin, un diffuseur capable de signer un chèque à la hauteur du train de vie des clubs professionnels.

Le grand retour de Canal+ ou le mirage Apple ?

Pour éviter un nouveau fiasco, le successeur de De Tavernost, Olivier Bramly, a entamé une vaste tournée de séduction estivale. Les géants du numérique, qui commencent à investir massivement dans le sport en direct, ont été sondés : Apple, Netflix, Amazon, ou encore Paramount.
Mais le coup de tonnerre pourrait venir des diffuseurs traditionnels. Sans football français sur leurs antennes, beIN Sports et surtout Canal+ sont de nouveau courtisés. Après des années de guerre froide, le dialogue a repris. Maxime Saada, le patron de la chaîne cryptée, a récemment rencontré Olivier Bramly, quelques mois après avoir renoué le contact directement avec Vincent Labrune. Le climat s’est apaisé, laissant la porte ouverte à un retour historique.

Le lot unique : l’arme fatale de la LFP

Pour convaincre ces poids lourds, la LFP dispose d’une nouvelle carte maîtresse dans sa manche : la récente loi sur la gouvernance du sport professionnel.
Si ce texte hérisse le poil de nombreux dirigeants sur certains aspects, il contient une disposition en or pour les droits TV : l’autorisation de vendre la Ligue 1 en un seul et unique lot. Jusqu’à présent, la loi obligeait la Ligue à saucissonner son championnat, ce qui repoussait certains investisseurs. En 2023, c’est précisément ce morcellement des droits qui avait fait fuir Apple. En garantissant l’exclusivité totale du produit, la LFP espère enfin décrocher le jackpot et refermer le chapitre Ligue1+.

Nos derniers articles :