De pitbull sur le terrain à sage sur le banc : l’incroyable métamorphose de Yannick Cahuzac

Propulsé sur le banc lensois après le limogeage de Dino Toppmöller, Yannick Cahuzac a vécu un baptême frustrant à Monaco (défaite 1-2). Si la victoire fuit le Racing, le technicien corse a déjà imposé sa patte par son attitude et ses premières directives.

Une rupture assumée

S’il a conservé le traditionnel 3-4-3 cher au club, le nouveau patron a fortement secoué son effectif. Jean-Clair Todibo a fêté sa première titularisation, Junior Kadile a été repositionné comme piston gauche, et le prodige de seize ans Mezian Mesloub a été lancé d’entrée.
Fallait-il pour autant bousculer à ce point le onze de départ ? Pas sûr, dans la mesure où les automatismes acquis lors des premières journées ont volé en éclats et que la première période n’a pas été au niveau attendu.
Au-delà du choix des hommes, l’approche globale a tout de même tranché avec l’ère précédente : un pressing bien plus rationnel et une volonté farouche de densifier l’axe. Gêné par la capacité des locaux à contourner son bloc lors de ce premier acte laborieux, Cahuzac a rapidement fait étalage de sa lecture du jeu en ajustant son système dès la pause.

La mue d’un ancien volcan

Réputé pour son agressivité lorsqu’il était joueur, l’homme de 41 ans a surpris par sa zénitude absolue. Salué chaleureusement par son homologue Filipe Luis avant le coup d’envoi, il a traversé la rencontre avec le flegme d’un vétéran.
Impassible lors du penalty injustement refusé aux Lensois, là où le plexiglas aurait dû prendre cher il y a quelques années, il l’est resté tout autant lors de l’égalisation de Matthieu Udol, survenue après un corner caviar de son capitaine Florian Thauvin.
Ses changements ont failli faire basculer la rencontre, avant qu’une ultime faille défensive ne ruine ses espoirs en fin de match.

Le double défi de la trêve

À l’issue de la rencontre, le nouvel entraîneur lensois était frustré, déçu de repartir sans point, mais il a tenu à souligner les signaux positifs envoyés par son groupe, surtout en seconde période, malgré la défaite :

« Il y a beaucoup de frustrations, ça reste un premier match avec une défaite au bout. Sur mes choix de joueurs, je n’ai pas de regrets, j’ai senti un groupe investi. On va essayer de profiter de la trêve pour bosser et récupérer du monde. On fait jouer des joueurs qui sont pas à leur poste, mais je suis fier des gars. Dommage qu’on n’ait pas pu ramener un point. »

Malgré cette désillusion tardive, les signaux renvoyés sont encourageants. Yannick Cahuzac dispose désormais de trois semaines pour inculquer ses principes, un chantier qui passera par un match amical face au Standard de Liège le 2 octobre. Mais avant de retrouver les pelouses, il devra reprendre son costume d’étudiant : dès lundi, l’entraîneur file à Sochaux pour valider une nouvelle session de son indispensable diplôme (BEPF).

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