Il est des ruptures sportives qui ne font que des perdants. Alors que le RC Lens vient de sceller le naufrage express de Dino Toppmöller, son prédécesseur Pierre Sage vit lui aussi des heures bien sombres outre-Manche.
Parti céder aux sirènes de la lucrative Premier League après une saison historique en Artois, le technicien tricolore se retrouve déjà sur un siège éjectable à Crystal Palace, prouvant douloureusement que l’exil britannique n’est pas toujours un gage de réussite.
Un bilan alarmant et des crispations en interne
Le constat comptable et statistique des Eagles est pour le moins famélique. Englués à une triste seizième place en championnat, les Londoniens ont déjà concédé trois revers en quatre journées. Pire encore, l’équipe souffre de lacunes abyssales derrière, affichant la pire défense d’Angleterre avec onze buts encaissés et le triste record de 164 ballons touchés par les adversaires dans sa propre surface.
Cette friabilité sportive commence logiquement à tendre les relations en haut lieu. Selon les indiscrétions du Daily Mail, le président Steve Parish n’aurait que très peu goûté la mise à l’écart du jeune défenseur français Jaydee Canvot lors de la récente réception d’Ipswich, une rencontre qui s’est d’ailleurs soldée par une cruelle défaite à domicile (2-3).
À cette gestion contestée s’ajoute une communication désormais jugée maladroite par les observateurs insulaires, un comble pour un entraîneur dont les prises de parole faisaient pourtant l’unanimité dans l’Hexagone.
L’ombre de Will Still et l’ultimatum de la trêve
Malgré la tempête qui gronde, Pierre Sage refuse de céder à la panique. Confiant, l’entraîneur convoque son passé, rappelant avec flegme le miracle réalisé avec l’Olympique Lyonnais, passé de la lanterne rouge à la sixième place de Ligue 1 en l’espace de six mois. Persuadé que ses préceptes tactiques finiront par infuser dans les esprits londoniens, il s’appuie également sur le retour à l’entraînement collectif de forces vives comme Ismaïla Sarr et Eddie Nketiah pour redresser la barre.
Toutefois, la Premier League est une impitoyable broyeuse qui ignore purement et simplement le mot patience. L’ancien technicien artésien Will Still, remercié par Southampton au bout de quatre petits mois, pourrait d’ailleurs amplement témoigner de cette cruauté locale.
L’avenir immédiat de Pierre Sage dépendra quasi exclusivement du double rendez-vous crucial qui l’attend : dès aujourd’hui en Ligue Europa, puis ce dimanche sur la pelouse de Leeds. Deux faux pas supplémentaires offriraient à sa direction l’excuse parfaite pour agir durant la longue trêve internationale à venir.
Si on était un brin moqueur, on suggérerait à Jean-Louis Leca de reprendre Pierre Sage durant la trêve internationale 🙂
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