RC Lens : un retard à l’allumage qui hypothèque déjà les ambitions européennes

Le coup de sifflet final sur la pelouse du stade Louis-II a scellé une nouvelle désillusion pour le RC Lens. Battu par l’AS Monaco (1-2) hier soir, les Sang et Or s’enlisent dans un début de saison particulièrement laborieux. S’il est encore prématuré d’employer le mot « crise » à La Gaillette, déjà utilisé par certains sur les réseaux sociaux, l’urgence comptable est bien réelle.

Avec un retard conséquent qui se creuse déjà sur le peloton de tête, les Lensois savent pertinemment que les points dilapidés lors de ces premières semaines pèseront très lourd au printemps, rendant la course aux places européennes singulièrement complexe à rattraper.

Un bilan comptable famélique

Les chiffres sont implacables et traduisent la morosité de la situation. Avec trois revers concédés en seulement cinq journées, le Racing pourrait glisser vers une très inconfortable quatorzième place à l’issue du week-end. Bloqué à quatre petites unités, le club signe tout simplement son deuxième pire démarrage depuis son retour dans l’élite en 2020. Seule l’entame cauchemardesque de la saison 2023-2024 (un seul point) s’était avérée plus compliquée, mais l’équipe était finalement revenue dans les clous pour terminer à la septième place.
« En termes de points, notre début de saison n’est pas bon », reconnaissait même hier Matthieu Udol, buteur de l’unique but lensois.

Le pari risqué des automatismes brisés

Appelé à la rescousse pour tourner la page Dino Toppmöller, Yannick Cahuzac n’a pas réussi le miracle de l’électrochoc immédiat. S’il est impossible d’affirmer que le technicien allemand aurait fait mieux sur le Rocher, les choix forts de son successeur ont logiquement altéré des automatismes déjà fragiles. En bousculant brutalement son onze de départ, le Corse a pris le risque de perdre en fluidité. Les connexions ont cruellement manqué, notamment sur le front de l’attaque où le jeune Mezian Mesloub a peiné à trouver des affinités techniques avec Florian Thauvin, Abdallah Sima ou le piston surprise Junior Kadile.
Paradoxalement, c’est lors du second acte, avec les entrées en jeu de profils déjà utilisés comme titulaires (Bulatovic, Skoras, Gradit, Hazard), que le Racing a retrouvé un visage plus cohérent et un rendement supérieur. Ce constat pose inévitablement la question de la méthode : fallait-il opérer une révolution aussi radicale pour cette grande première ?

Une longue trêve pour panser les plaies

Le groupe lensois s’apprête désormais à traverser un long désert de trois semaines en raison de la trêve internationale. Une période de latence à double tranchant. Si elle oblige le vestiaire à ruminer cette spirale négative, elle offre surtout à Yannick Cahuzac un temps de travail précieux pour peaufiner ses idées et instiller ses principes de jeu. Ce travail de l’ombre ne réglera sans doute pas tout d’un coup de baguette magique, mais il est devenu vital. Si le navire artésien n’a pas encore sombré dans la crise, il navigue déjà dangereusement à contre-courant de ses objectifs.

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