Slavia Prague – RC Lens (2-3) : Ce qu’on a aimé et moins aimé

Pour son grand retour en Ligue des champions, le RC Lens nous a offert la plus belle des dingueries de son histoire européenne récente, en s’imposant 3-2 dans les ultimes secondes hier soir sur la pelouse du Slavia Prague.

Une première période à oublier

Le début de rencontre a pourtant viré au calvaire pour les Sang et Or, complètement muselés par le pressing tchèque et incapables de poser durablement le jeu dans le camp adverse. La ligne défensive, très jeune et encore en manque de repères à ce niveau, a particulièrement souffert dans les duels et sur les courses dans la profondeur adverses.
L’expulsion de Konečný à la 49e minute aurait dû rebattre les cartes en faveur des Artésiens. Paradoxe du sort, c’est pourtant à dix contre onze que le Slavia a fini par ouvrir le score. Abdallah Sima a permis à Lens de recoller à la 73e minute, avant que Sturm ne redonne l’avantage aux Tchèques à la 89e, semblant sceller le sort du match.

Un temps additionnel de folie

Tout semblait perdu, mais le groupe de Dino Toppmöller a répondu par un caractère exceptionnel dans les arrêts de jeu. Florian Thauvin, l’un des grands artisans de cette remontée par son activité constante, a égalisé de la tête à la 92e minute. Deux minutes plus tard, au terme d’une action collective menée tambour battant sur toute la longueur du terrain, Ruben Aguilar a délivré tout le monde d’une frappe croisée décisive. Les joueurs entrés en cours de match, à l’image de Mezian Mesloub et d’Aguilar lui-même, ont apporté une énergie précieuse dans ce sursaut final.

Une victoire à double lecture

Reste que cette performance est loin d’avoir été maîtrisée de bout en bout, avec de réelles inquiétudes à relever dans le secteur défensif. Mais sur le plan psychologique, ce succès arraché dans la douleur pourrait avoir une valeur inestimable pour la confiance du groupe, à l’heure d’enchaîner les échéances de championnat et la suite de cette campagne européenne.

Ce que nous avons aimé :

– Une victoire à l’arrache qui va vraisemblablement changer la dynamique en championnat.
– Que l’on soit capable de prendre 3 points en C1 malgré une équipe bricolée.
– Le match de Robin Risser, qui aurait pu être l’homme de la rencontre sans sa boulette sur le deuxième but du Slavia. En première période, le RC Lens avait 11 joueurs de champ avec Robin Risser en libéro.
– Le RC Lens de la seconde période, beaucoup plus entreprenant, aidé certes par la supériorité numérique.
– L’égalisation plus que méritée d’Abdallah Sima, qui se rattrape de son loupé de la première période.
– L’excellente entrée en jeu de Mezian Mesloub, qui a apporté de la percussion dans l’animation offensive. Tous les ballons sont passés par lui. Le gamin, du haut de ses 16 ans, a pris ses responsabilités et a déposé un caviar sur la tête de Thauvin pour le but de l’égalisation.
– Le bon coaching de Dino Toppmöller.
– L’activité de Matthieu Udol dans le couloir gauche et sa tête en première période qui méritait meilleur sort.
– Voir Florian Thauvin marquer de la tête, une dinguerie parmi les dingueries.
– L’entrée en jeu de Ruben Aguilar, qui s’est défoncé sur chaque ballon et qui a offert la victoire aux Sang et Or dans les ultimes secondes.
– L’indispensable Florian Thauvin, le monsieur plus du RC Lens.
– Le match de Ganiou. Certes il n’est pas acteur sur le second but du Slavia, mais il a beaucoup donné dans l’engagement et il a une nouvelle fois joué les pompiers de service en aidant Antonio et Sagnan.
– Que Bulatovic ait enfin montré un visage plus conquérant en seconde période.
– Nous dire qu’une association Thauvin-Mesloub pourrait faire des étincelles en Ligue 1.
– La prestation juste de l’arbitre grec qui a bien tenu les débats.

Ce que nous avons moins aimé :

– Nous demander pourquoi Todibo n’était pas entré en jeu en seconde période. Un Todibo insuffisamment préparé vaut certainement mieux qu’un Sagnan pour qui la marche de la C1 est encore trop haute.
– Le début de match catastrophique du onze lensois, totalement dépassé et qui n’a fait que subir.
– Le loupé d’Abdallah Sima en pleine surface de réparation, qui manque le hold-up à la demi-heure de jeu.
– Que Kyllian Antonio ait alterné le bon et le moins bon durant toute la rencontre.
– Les pertes de balles de Skoras malgré sa bonne volonté et son engagement sur les phases offensives.
– La copie rendue par Franjo Ivanovic, qui n’a toujours pas montré son niveau. Une grosse déception.
– La sortie kamikaze de Robin Risser dans sa surface à deux minutes de la fin du match, qui amène le second but de Prague.
– Avoir tant espéré l’association Haïdara-Bulatovic au milieu de terrain et avoir été à ce point déçu.
– L’intervention du pisse-vinaigre de Samir Nasri sur le plateau du Canal Football Club, qui a perpétuellement essayé de voir le verre à moitié vide. Son passé marseillais lui colle un peu trop à la peau.

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