Recrues en rodage, chat noir et système défaillant : pourquoi la mayonnaise ne prend pas au RC Lens

L’an passé, la magie avait opéré instantanément, défiant les lois de l’adaptation malgré un mercato agité. Mais les miracles se reproduisent rarement sur commande. Si la saison 2025-2026 sous l’ère Pierre Sage faisait figure d’exception confirmant la règle, le RC Lens cuvée 2026-2027 nous rappelle une vérité implacable du football : rebâtir un effectif en profondeur exige du temps, de la sueur et inévitablement, quelques grincements de dents.

Un puzzle collectif dont il manque les bords

Le Racing paie aujourd’hui au prix fort sa mue estivale. Orphelin de cadres historiques et de profils explosifs (Sarr, Saïd, Thomasson, Sangaré, Saint-Maximin), le club a confié les clés du camion à Dino Toppmöller, un technicien qui découvre tout juste les rugosités de la Ligue 1. Le constat sur le pré est limpide : les recrues ne sont pas toutes sur la même longueur d’onde athlétique. Yacine Titraoui alterne le bon et le moins bon, Saud Abdulhamid peine à retrouver le niveau qui était le sien il y a quelques mois, tandis que le trio Michaël Cuisance, Franjo Ivanovic et Thorgan Hazard cherche encore sa carburation. Quant aux ultimes renforts, Jean-Clair Todibo et Junior Kadile, ils sont encore trop justes physiquement pour faire partie du groupe. Le liant collectif bégaie et le fameux pressing artésien s’est totalement évaporé.

Le chat noir a pris ses quartiers à La Gaillette

Pour ne rien arranger, la malchance s’acharne avec une cruauté rare sur le vestiaire lensois, donnant à ce début de saison des allures de chemin de croix. La défense est un champ de ruines : Maik Nawrocki a fait une croix sur sa saison, Samson Baidoo a rechuté, Saud Abdulhamid vient de louper deux rencontres et Jonathan Gradit n’a pas encore le coffre pour débuter. Ajoutez à cela les suspensions (Kyllian Antonio pour deux matches, imité ce week-end par Souleymane Sagnan) et les blessures toutes fraîches de Matthieu Udol et Yacine Titraoui, et vous obtenez un casse-tête insoluble. Même l’attaque boite, avec un Odsonne Edouard freiné par ses adducteurs et des tourments personnels. Avec une telle photographie clinique, voir le RC Lens patiner en mode diesel relève presque de la normalité.

Le grand écart entre la gronde et l’optimisme du capitaine

Si les travées de Bollaert commencent légitimement à voir le verre à moitié vide, le vestiaire, lui, fait bloc. En véritable taulier, le capitaine Florian Thauvin refuse de céder à la sinistrose ambiante, assumant cette période de rodage obligatoire : « On doit trouver un nouvel équilibre avec une équipe qui fonctionne, mais je n’ai pas de doute. » Pour sa part, le coach a même ajouté « Si tout le monde revient, on va être très forts. » Une confiance inébranlable qu’il faudra urgemment matérialiser sur le terrain. Le vertigineux déplacement européen sur la pelouse du Slavia Prague ce jeudi, suivi du voyage au Mans en championnat dimanche, feront office de révélateurs impitoyables pour jauger les réels progrès de ce Racing en pleine convalescence.

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