La bronca qui est descendue des travées de Bollaert-Delelis au coup de sifflet final de la défaite contre Lorient (0-1) a rapidement trouvé un écho numérique. Dès hier soir, une frange de supporters, gagnée par la frustration, a commencé à agiter les réseaux sociaux pour jeter le discrédit sur la méthode de Dino Toppmöller.
Deux revers de rang en championnat sèment le doute au pire des moments, ouvrant la boîte à questions sur les choix tactiques du technicien allemand.
Un coaching qui interroge et des choix contestés
Certains choix forts interpellent, à commencer par la gestion des « finisseurs ». Alors que les Merlus cadenassaient le jeu avec un bloc bas hermétique, l’option d’un véritable neuf comme Franjo Ivanovic paraissait évidente. Pourtant, l’attaquant croate est resté scotché au banc, malgré une consigne d’échauffement reçue dès la pause. D’autres observateurs ont regretté l’absence de percussion de jeunes talents comme Mezian Mesloub, ou encore le fait qu’Andrija Bulatovic ne soit pas titularisé dans l’entrejeu.
Face aux critiques, l’entraîneur lensois a joué la carte de la lucidité en conférence de presse : « Aujourd’hui, c’était un jour sans pour nous. On n’a pas bien commencé la rencontre mais on ne s’est pas procuré beaucoup d’occasions. Après on encaisse ce but, j’avais demandé de ne pas relancer dans l’axe. Nos automatismes n’ont pas été bons. Il faut continuer à travailler pour relever la tête et récupérer nos blessés. »
Un appel au calme et à la patience qui se heurte à la volatilité légendaire du thermomètre populaire.
La comparaison inévitable avec l’ère Pierre Sage
Le marasme d’hier soir pousse inévitablement à la comparaison avec l’ère Pierre Sage, d’autant que le bilan comptable et visuel du début de saison de Toppmöller laisse à désirer. Le succès inaugural lors du Trophée des Champions ? À écouter les plus sceptiques, battre un Paris vacillant en ce début d’exercice ne relève plus de l’exploit. La manita passée à Auxerre (5-2) ? Elle est vite relativisée par la faiblesse d’une formation bourguignonne déjà à la dérive.
Un effectif en chantier et des recrues attendues au tournant
Pourtant, dresser un procès hâtif à l’encontre de l’ancien coach de Francfort serait faire abstraction d’une réalité comptable et sportive implacable. Toppmöller ne dispose pas des mêmes munitions que son prédécesseur. Les départs de cadres majeurs (Thomasson, Sangaré, Saïd, Sarr, Saint-Maximin) n’ont pas été compensés à l’identique qualitativement. Le technicien allemand doit constamment bricoler avec une défense composée de gamins inexpérimentés, tâtonne au milieu de terrain sans trouver la formule magique, et observe un secteur offensif stérile qui multiplie les situations sans jamais faire mal.
Rien n’est toutefois définitif après seulement trois journées de championnat. Le salut pourrait venir du vestiaire lui-même, à condition que l’infirmerie se vide et que les recrues censées faire basculer les mutations sortent enfin de leur boîte. On pense évidemment à Michaël Cuisance, Thorgan Hazard, Franjo Ivanovic ou Yacine Titraoui, dont le potentiel étouffé ne demande qu’à éclater. L’arrivée imminente d’un patron défensif comme Jean-Clair Todibo et la folie de Junior Kadile offriront des solutions bienvenues.
Il est encore beaucoup trop tôt pour tirer sur l’ambulance. Le mal est profond, la défense n’est plus étanche, l’animation offensive bat de l’aile, mais la saison est un marathon. Le déplacement européen de jeudi sur la pelouse du Slavia Prague offrira un premier test grandeur nature pour mesurer la réaction d’orgueil de ce groupe et sa véritable capacité de rebond.
Nos derniers articles :
- Les féminines du RC Lens tombent face au PSG, mais peuvent déjà être fières
- Il faut sauver le soldat Toppmöller
- RC Lens – FC Lorient (0-1) : Ce qu’on a aimé et moins aimé
- RC Lens – FC Lorient (0-1) : Homme du match et notes de la presse
- RC Lens : Titraoui, Cuisance, Bulatovic, Haïdara : qui pour cet après-midi ?
- Gboho signe à Coventry, le RC Lens avait déjà tourné la page
- Pourquoi le RC Lens adore recruter des stars en plein doute
- Ibrahima Baldé revient à Bollaert avec les crocs


