La Direction de l’arbitrage de la FFF a rendu son verdict hier soir : le premier penalty accordé aux Sang et Or samedi face à Auxerre (5-2) n’aurait jamais dû être validé. Un constat technique implacable qui alimente la polémique dans l’Yonne, mais qui, en Artois, ne change absolument rien à la physionomie d’un match dominé de la tête et des épaules. Et si la roue tournait enfin ?
Le football est souvent une question de détails, mais samedi après-midi à Bollaert-Delelis, l’écart entre le vainqueur et le vaincu était bien trop béant pour se résumer à un simple coup de sifflet. Pourtant, depuis 48 heures, l’AJ Auxerre crie à l’injustice. La raison ? L’ouverture du score précoce de Florian Thauvin (12e) sur un penalty que la Direction de l’arbitrage de la Fédération française de football (FFF) vient officiellement de désavouer.
Le « vice » de Ganiou pointé du doigt par la FFF
Dans son traditionnel débrief hebdomadaire, l’instance arbitrale est revenue sur l’action de la 10e minute, où l’arbitre Mathieu Vernice, conforté par la VAR, avait sanctionné une main du milieu auxerrois Arthur Piedfort dans sa surface.
Selon la FFF, la Loi 12 a été mal interprétée. Au duel avec Ismaëlo Ganiou, le joueur icaunais « ne maîtrise plus le mouvement de son bras puisque celui-ci est tenu par l’attaquant ». En clair, la main n’était pas délibérée et la surface de couverture du corps n’a pas été augmentée artificiellement de son propre chef.
Une analyse technique qui ne fait que confirmer ce que nous écrivions avec une pointe de malice dans notre débrief d’après-match : « Nous avons aimé : le vice d’Ismaëlo Ganiou qui pousse le bras du défenseur auxerrois vers le ballon pour obtenir le penalty. »
Un geste de vieux briscard, une ruse indétectable à vitesse réelle qui a totalement berné la vigilance du corps arbitral et de la vidéo.
L’expulsion de Makosso confirmée, le score justifié
Si l’AJA peut légitimement pester contre cette décision inaugurale, il serait malhonnête de réduire la déroute bourguignonne (5-2) à ce seul fait de jeu. Car l’autre décision majeure de Mathieu Vernice a, elle, été totalement validée par l’instance : l’expulsion du défenseur Christ Makosso à la 35e minute.
Fauchant Abdallah Sima qui filait seul au but, le Congolais était bien le dernier défenseur en mesure d’intervenir. « La probabilité que l’attaquant obtienne une occasion de but est très élevée […] l’exclusion est conforme aux Lois du Jeu », tranche la Direction de l’arbitrage. À dix contre onze pendant une heure, Auxerre n’avait de toute façon pas les armes pour endiguer les vagues artésiennes. Avec ou sans ce premier penalty, la domination tactique, technique et athlétique des hommes de Dino Toppmöller aurait fini par faire plier le promu.
La roue de la fortune de l’arbitrage
Faut-il pour autant s’excuser de cette erreur en notre faveur ? Certainement pas. L’adage est vieux comme le football : sur une saison de 34 journées, les décisions arbitrales finissent toujours par s’équilibrer.
Ces dernières saisons, le club artésien a trop souvent été victime de faits de jeu contraires, de penalties oubliés et de décisions litigieuses de la VAR qui ont coûté de précieux points dans la course à l’Europe. Que la pièce tombe du bon côté dès la première journée est un clin d’œil du destin. L’AJ Auxerre s’en remettra, et le RC Lens, lui, prend volontiers ces trois points acquis avec autant de talent que de vice.
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