La grosse mise au point de Benjamin Parrot sur le RC Lens

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Depuis son retour dans l’élite en 2020, le RC Lens n’a jamais quitté les huits premières places, s’offrant même le luxe de finir deux fois dauphin du PSG. Après une nouvelle saison exceptionnelle sous les ordres de Pierre Sage, les attentes autour du club artésien n’ont jamais été aussi élevées. Pourtant, la direction garde les pieds sur terre. Lors d’un entretien accordé à La Voix des Sports, le directeur du club Benjamin Parrot a réaffirmé une ambition qui pourrait paraître minimaliste aux yeux de certains : le Top 8. Décryptage d’une stratégie où la lucidité prime sur l’euphorie.
Le RC Lens est devenu, au fil des saisons, l’un des modèles de régularité et de gestion du football français. Entre ferveur populaire inébranlable et résultats probants sur le terrain, tous les voyants sont au vert. Mais dans les bureaux de La Gaillette, on refuse catégoriquement de céder à l’ivresse des sommets.

Ne pas confondre vitesse et précipitation

Interrogé sur ce nouveau statut de « modèle » qui colle désormais à la peau du Racing, Benjamin Parrot appelle immédiatement à la prudence. Si les succès récents ont généré « un élan populaire, une vague quasi identitaire », ils ne doivent pas faire oublier l’essence même du projet lensois.
« La performance sportive (…) donne un effet d’accélération, de la visibilité, et même de l’attractivité, mais elle ne doit absolument pas nous faire confondre vitesse et précipitation », prévient le dirigeant. « On peut aller plus vite sans changer de direction. C’est ça notre état d’esprit, et le bénéfice de cette saison. »
Pour le board sang et or, la Ligue des Champions ou les épopées en Coupe ne sont pas des fins en soi, mais des étapes. Le piège serait de se reposer sur ces acquis. « Nous, on est là pour faire avancer le projet en permanence, pas pour défendre un statut. Et puis un statut, ça ne va pas se décréter parce qu’on a joué la Ligue des champions (…). Ça se construit parce qu’on devient capable régulièrement d’arriver à ce niveau-là. »

Un challenger lucide sur ses moyens

Si le discours peut sembler très (voire trop) prudent pour les supporters les plus ambitieux, il est dicté par une implacable réalité économique. Le football moderne pardonne rarement les folies financières, et le RC Lens connaît trop bien son histoire pour retomber dans les travers du passé. Comme le rappelle Benjamin Parrot avec une grande honnêteté : Le club reste un challenger sur l’échiquier national : il navigue avec une masse salariale située entre la 8ème et la 10ème place de la Ligue 1.

Les rappels à l’ordre peuvent être « violents dès qu’on se détourne de ce que l’on est »

L’objectif n’est donc pas de flamber sur le marché des transferts pour tenir un rang éphémère, mais d’investir dans le marbre. « On doit s’efforcer de laisser des traces durables de cet élan à travers le temps. Ça passe par l’amélioration des infrastructures, par des caps qu’on doit franchir. C’est ce qui va continuer à nous permettre de nous élever. »

Le Top 8 : Un cap inébranlable

C’est dans ce contexte de croissance maîtrisée que l’objectif sportif prend tout son sens. Fixer le Top 8 n’est pas un manque d’ambition, c’est la garantie de maintenir le club dans le premier tiers du championnat, en adéquation totale avec ses ressources financières.
« Depuis qu’on est remonté en Ligue 1, depuis 2020, l’objectif, c’est top 8, ça ne change pas », tranche Benjamin Parrot. « Ce n’est pas une saison, ce n’est pas des regards présumés des autres qui vont nous faire changer notre cap. On reste exactement dans notre cap. »
Avec l’arrivée récente de Dino Toppmöller sur le banc, le RC Lens ouvre un nouveau chapitre tactique, mais le livre de route institutionnel, lui, reste rigoureusement le même. Une méthode allemande sur le terrain, couplée à une rigueur de gestion nordiste en coulisses : le cocktail parfait pour s’installer durablement au sommet, sans jamais se brûler les ailes.

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