L’ancien Lensois Gaël Kakuta dévoile l’envers du décor

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Après dix-sept ans de carrière et un parcours qui l’a mené dans neuf pays différents, de la France à la Grèce en passant par la Chine ou l’Iran, Gaël Kakuta a raccroché les crampons cet été, à 35 ans. Formé au RC Lens, l’ancien meneur de jeu a choisi ce moment de bascule pour livrer, au média Capté, un témoignage rare et sans filtre sur la face cachée du football professionnel.

Un constat brutal sur l’état psychologique du milieu

D’entrée, l’ancien international congolais assène un chiffre qui claque : « 99,9 % des footballeurs sont tristes. Ils ont un fardeau très lourd à porter et il y a de très grosses responsabilités sur eux. Personne ne se soucie de comment ils se sentent vraiment et tu es dans un monde où il faut être performant. » Un constat qu’il ne formule pas de l’extérieur : Gaël Kakuta confie avoir lui-même traversé une période de dépression, notamment après le décès de sa mère alors qu’il évoluait à Amiens, une épreuve dont les répercussions se sont prolongées jusqu’à son aventure iranienne à partir de l’été 2024. « J’étais en plein dedans », résume-t-il sobrement.

Des entourages parfois toxiques, des masques permanents

Au-delà de la seule pression sportive, l’ancien Lensois pointe la difficulté à distinguer les relations sincères de celles motivées par le train de vie qu’offre le très haut niveau : « tu ne sais pas qui est autour aussi, tu ne sais pas qui est là pourquoi. Tes relations, tu ne sais pas si elles sont réelles. » Il décrit des joueurs contraints de dissimuler en permanence leurs failles, jusque dans leur propre cercle proche : « une très grosse partie porte des masques. Les joueurs ne sont que de la viande. »

Des échappatoires parfois dangereuses

Kakuta évoque enfin les différentes manières dont les joueurs tentent de fuir cette pression permanente, entre soutien spirituel pour certains et dérives plus inquiétantes pour d’autres. Lui dit avoir trouvé refuge dans la religion, mais reconnaît que ce chemin n’est pas accessible à tous : « c’est bien de prétendre être joyeux, mais la nuit, est-ce que tu dors ? Certains ne dorment pas et sont obligés de prendre des produits. » Il conclut sur une réflexion plus large sur l’isolement inhérent à ce milieu : « beaucoup fuient la solitude car affronter la solitude, c’est t’affronter toi-même. »

Avec ces mots, Gaël Kakuta vient de mettre sur la table un sujet encore trop rarement évoqué publiquement dans le football. Reste à voir quel écho ce témoignage trouvera auprès des joueurs, des clubs et de tout un écosystème encore largement silencieux sur ces questions.



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