Pendant deux heures, le documentaire « Charbonneurs », diffusé sur Ligue 1+, nous plonge dans les coulisses de la saison 2025-2026 du RC Lens. Et le résultat dépasse largement le cadre du football. Bien sûr, il y a les matchs, les victoires, les doutes, la conquête de la première Coupe de France de l’histoire du club et cette magnifique place de dauphin du PSG. Mais ce film raconte surtout des hommes, un territoire et une passion collective qui dépasse les 90 minutes du week-end.
Un documentaire qui dépasse largement le football
Certaines séquences frappent en plein cœur. Les passages consacrés à Gervais Martel, à l’histoire minière ou encore aux supporters rappellent ce qui rend le RC Lens différent des autres clubs. Même ceux qui ne suivent pas le football y trouveront une histoire humaine, faite d’attachement, de transmission et de fierté populaire.
Les confidences de Joseph Oughourlian sur l’avenir du club
Le documentaire réserve également plusieurs révélations. On découvre notamment un Joseph Oughourlian très transparent sur l’avenir du club. Le président lensois confirme que l’ouverture du capital reste d’actualité afin d’accélérer certains projets structurants, notamment autour du stade Bollaert-Delelis et de son environnement. Un message qui éclaire un peu plus la stratégie du propriétaire artésien pour les années à venir. Le président reconnait implicitement qu’il n’a aucune intention de vendre le club.
Pierre Sage était déjà « ailleurs »
Autre moment marquant : les dernières images de Pierre Sage lors des réunions consacrées au recrutement. Avec le recul, certaines séquences interpellent. On y voit un entraîneur déjà moins impliqué, plus en retrait, comme si son avenir s’écrivait déjà ailleurs. Quand on connaît la suite de l’histoire et son départ vers Crystal Palace, plusieurs scènes prennent aujourd’hui une résonance particulière.
Mamadou Sangaré face aux choix de sa carrière
Parmi les pépites du film figure également une discussion saisie dans le bus qui emmène les Lensois vers le Stade de France. Hugo Georgel, responsable presse du club, échange alors avec Mamadou Sangaré sur son avenir. Le dialogue illustre parfaitement le dilemme des jeunes talents modernes : partir rapidement vers des horizons plus lucratifs ou poursuivre leur progression dans un environnement idéal. Entre la Ligue des champions, le projet sportif lensois et les sollicitations extérieures, le milieu malien apparaît partagé mais lucide. Une scène rare, authentique et particulièrement instructive.
Les révélations sur Thauvin et Saint-Maximin
Le documentaire révèle aussi les coulisses de l’arrivée de Florian Thauvin. On apprend que l’ancien international français avait essuyé plusieurs refus lorsqu’il cherchait à revenir en Europe. Montpellier et Lorient n’avaient pas donné suite à ses sollicitations. Une situation qui rend son choix de rejoindre Lens encore plus symbolique.
Autre anecdote savoureuse : Allan Saint-Maximin aurait refusé plusieurs propositions financièrement bien supérieures pour honorer la parole donnée à Jean-Louis Leca. Benfica, l’AS Rome et plusieurs clubs saoudiens étaient intéressés. Pourtant, l’ancien Bastiais a privilégié six mois en Artois, loin des salaires mirobolants qui lui étaient proposés ailleurs.
Les tensions cachées derrière la saison de rêve
Mais « Charbonneurs » ne montre pas uniquement les sourires. Il dévoile également les tensions d’une fin de saison sous pression. Une phrase résume à elle seule le niveau d’exigence qui entoure désormais le RC Lens : « Quand tu fais une demi-page dans L’Équipe sur un match amical… » Une allusion au revers contre Rouen qui témoigne du changement de dimension du club.
Surtout, le film laisse apparaître un vestiaire qui n’était pas loin de se fissurer dans le sprint final. Derrière les résultats et les célébrations, certaines tensions ont failli faire dérailler la saison. La réussite lensoise n’a pas toujours été un long fleuve tranquille.
Notre ressenti
Au final, « Charbonneurs » est bien plus qu’un documentaire sportif. C’est un témoignage précieux sur ce qu’est devenu le RC Lens, sur les valeurs qu’il continue de porter et sur les hommes qui le font vivre. Une œuvre touchante, parfois drôle, parfois bouleversante, qui mérite largement ses deux heures de visionnage.
Un immense bravo à Laurent Salvaudon et à l’ensemble des équipes de production pour ce travail remarquable. Et vous, avez-vous réussi à retenir vos larmes jusqu’au générique final ?
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