RC Lens : Pendant que Pierre Sage filait à l’anglaise, ce technicien a donné une leçon de vie

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Écran de fumée ou réelle piste, Patrick Videira, l’entraîneur du Mans, figurait sur la short-list de Jean-Louis Leca pour remplacer Pierre Sage, davantage attiré par les livres sterling que par la continuité d’un projet avec les Sang et Or.

L’ancien Lyonnais a réalisé une saison remarquable, personne ne le contestera. Mais sa communication, alors que le peuple lensois n’en avait pas encore fini avec le champagne après la victoire en Coupe de France, a écorné l’image du coach adulé à Bollaert.
Pour signer à Lens, Pierre Sage avait réclamé un contrat de trois ans, qu’aucun autre club ne semblait prêt à lui offrir, hormis le RC Lens. Pourtant, après une deuxième place en championnat et une Coupe de France remportée, il a décidé de partir. Les sollicitations étaient fortes, certes, mais son double discours a laissé des traces. Affirmer le midi sur Téléfoot, devant des millions de téléspectateurs, qu’il serait toujours l’entraîneur du RC Lens, puis glisser le soir même sur Canal+ un simple « on verra » avant d’annoncer finalement son départ, a révélé de graves dysfonctionnements dans sa posture.

À l’inverse, Patrick Videira, un temps annoncé comme son possible successeur, a choisi une autre voie. L’entraîneur du Mans a prolongé son contrat et expliqué sa décision avec une franchise qui tranche avec l’épisode Sage :
« Les gens, au mois de mai, si je leur dis : “Je suis là l’année prochaine”, et si une semaine après je suis parti, ils vont dire quoi ? “C’est un menteur, il nous a trahis.” Mais je ne suis pas parti, je n’ai pas donné mon préavis, pas fait les cartons, je suis très bien au Mans FC, je suis sous contrat. »
Dans Ouest-France, Videira va encore plus loin, là où Sage a reculé :
« J’ai été profondément touché par tout l’amour que les gens nous ont témoigné, à moi et à ma famille. Je me suis dit que je n’avais pas le droit de les décevoir. Il y a eu des sollicitations et des réflexions. Mais pour moi, il est primordial de rester fidèle à ses valeurs. Je n’oublie pas d’où je viens. On m’a répété que le train ne passerait peut-être pas deux fois, mais je n’ai jamais fonctionné avec un plan de carrière. »

Deux visions, deux manières d’assumer un rôle, deux façons de respecter un club et ses supporters. L’une laisse un vide, l’autre inspire le respect.

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