Le RC Lens enchaîne les journées de Ligue 1 avec la régularité d’un prétendant sérieux. À douze journées du terme, les Sang et Or se sont installés dans la course au titre avec une constance qui commence à faire écho à une autre époque. Celle de 1998. Et quand un acteur majeur de cette épopée prend la parole, l’analogie n’a rien d’un hasard.
Dans les colonnes de L’Équipe, Mickaël Debève ne se contente pas de distribuer des encouragements polis. Il voit dans ce Lens 2026 des ingrédients familiers. « Avec une défense aussi solide et une attaque aussi prolifique, il y a vraiment moyen d’aller au bout », glisse l’ancien milieu Sang et Or. Le constat est factuel : le Racing encaisse peu, marque beaucoup, et surtout, voyage bien. « La principale similitude avec 1998, c’est que cette équipe peut gagner n’importe où et contre n’importe qui. »
L’argument n’est pas anodin. À l’époque, le titre s’était joué à l’extérieur, dans la tension d’un Auxerre-Lens irrespirable. Aujourd’hui, le contexte diffère, mais l’idée demeure : un groupe capable de performer loin de Bollaert possède une arme décisive dans un sprint final. D’autant que le PSG, rival naturel, s’avance avec un calendrier plus chargé. « Paris va avoir un calendrier plus dense et ils ne sont pas aussi dominateurs cette année », observe Debève, comme pour ouvrir une brèche dans l’armure parisienne.
Gervais Martel : « Pierre Sage me rappelle Daniel Leclercq »
Autre point souligné : la profondeur de banc de Pierre Sage. « C’est un groupe qui tourne régulièrement mais qui reste efficace. Beaucoup de joueurs peuvent faire la différence. » Cette rotation maîtrisée, le coach en a fait une force. Les héros changent d’un week-end à l’autre, au gré des blessures et des suspensions, mais l’exigence reste la même. Lens ne dépend pas d’un seul homme, et c’est peut-être là sa plus grande richesse.
Debève insiste également sur un levier souvent sous-estimé : la Coupe de France. « C’est bien aussi qu’ils la jouent à fond. Nous, en 98, ça nous avait fait emmagasiner de la confiance. » Le souvenir est cruel, une finale perdue face au PSG, mais formateur. Une semaine plus tard, le Racing décrochait le titre. « On aurait pu tout perdre en une semaine », rappelle-t-il, preuve que ces campagnes parallèles peuvent autant galvaniser que fragiliser.
Lens avance donc sur deux tableaux, avec l’ambition mesurée d’un club qui connaît l’histoire de ses exploits. Personne ne fanfaronne. Mais dans les regards, et désormais dans les mots d’anciens champions, une conviction s’installe : ce groupe a les épaules. Reste à transformer la promesse en trophée.
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