Dans un contexte économique tendu pour le football français, le RC Lens ajuste son modèle avec méthode. Invité à s’exprimer sur la situation salariale du club dans une interview accordée à l’école L’ISG Sport Business Management, Benjamin Parrot, directeur général des Sang et Or, a livré un éclairage précis sur la gestion rigoureuse qui accompagne le développement du Racing.
« On a déjà réduit drastiquement la masse salariale », confie Benjamin Parrot, tout en rappelant que cette stratégie s’inscrit dans une vision globale de rationalisation budgétaire. Il ne s’agit pas d’un plan d’austérité brutal, mais d’une adaptation nécessaire à une réalité économique nationale déclinante, marquée notamment par l’effondrement des droits TV.
Autrefois, le club pouvait compter sur une manne de 60 à 80 millions d’euros, par exemple lors de la période Téléfoot, ou encore 25 millions sous l’ère de Canal+. Désormais, ces montants sont bien moindres. « Aujourd’hui, c’est bien en dessous. Il faut composer avec ça », résume Parrot. Et avec des revenus en baisse, les charges doivent suivre. « Forcément, la rémunération doit s’adapter. »
Face à cette baisse de capacité financière, le RC Lens mise sur son attractivité sportive. « On arrive à optimiser les choses par ce que l’on est, par ce que l’on véhicule », insiste Parrot, convaincu que le collectif et la durabilité du projet artésien séduisent des joueurs au-delà du simple argument financier. Mais il ne se voile pas la face : « Soyons lucides, dans le choix d’un joueur, l’économique reste un critère important. »
Sans verser dans l’angélisme, le DG pointe du doigt un phénomène généralisé : « L’exode vers certaines destinations est aujourd’hui motivé en grande partie par des considérations économiques. C’est la réalité. »
Pour éviter toute dérive, le club a renforcé son contrôle sur les décisions sportives. « Il y a des règles de gestion très claires dans le processus de décision. On sait les montants selon les catégories qu’on peut faire ou ne pas faire », explique Parrot. Cette ligne de conduite permet au RC Lens de rester compétitif sans s’exposer aux risques financiers qui menacent certains clubs français.
Pas question pour autant de sabrer sans discernement : « Je ne dis pas qu’on va faire un plan drastique de baisse », rassure le dirigeant. L’objectif est de préserver un équilibre, d’être « très raisonnable dans les deals, dans les signatures », tout en continuant à faire vivre un projet qui attire encore des talents.
Dans un championnat fragilisé par l’incertitude autour des droits TV et l’explosion des salaires ailleurs en Europe, Lens trace donc sa route avec pragmatisme. Et prouve que rigueur financière et ambition sportive ne sont pas incompatibles.
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