Le RC Lens version 2025-2026 a visiblement pris goût aux grandes tablées. Lille, Marseille, Monaco : tous y sont passés. Mais dès que l’adversaire s’annonce moins corsé, comme ce fut le cas face à Metz, les Sang et Or semblent parfois manquer de mordant.
Interrogé ce midi en conférence de presse sur cette tendance intrigante, Pierre Sage n’a pas botté en touche. Il a même mis le doigt sur ce qui ressemble, à ses yeux, à un vrai problème de fond.
« La préparation d’avant-match est semblable à ce qu’on fait d’habitude. Que ce soit dans l’implication des joueurs dans les séances ou en termes de stratégie, on vise la performance à chaque rencontre. » a reconnu le coach lensois, validant qu’il n’y avait pas de double standard en coulisses. Pas de traitement de faveur, pas de relâchement délibéré. Et pourtant… Le constat reste implacable : le RC Lens se sublime contre les cadors, mais oublie parfois de faire le travail face à des équipes censées être à sa portée.
Alors, d’où vient le mal ? Pierre Sage esquisse un début de réponse en filigrane : une question de motivation variable selon le « menu » proposé. « Peut-être que, certainement, certains menus plaisent plus que d’autres… » concède le coach.
La formule est élégante, mais le sous-texte est acide : quand c’est Monaco ou l’OM au menu, les joueurs se mettent à table avec appétit. Mais face à Metz ou Lorient, le plat semble soudain moins alléchant, et l’assiette reste à moitié vide. Une attitude qui agace légitimement le technicien artésien : « C’est quelque chose qui est plutôt dérangeant que positif pour moi. Tous les points comptent. On a le devoir d’être performants quel que soit l’adversaire. »
Le rappel à l’ordre est clair. Et Metz, justement, a laissé une cicatrice encore fraîche : « On a eu un rappel à l’ordre qui a fait suffisamment mal pour qu’on puisse l’oublier. »
Ce faux pas face aux Grenats reste visiblement en travers de la gorge du staff. Car au-delà de la défaite, c’est le manque d’intensité, de constance et d’humilité qui a dérangé.
Pierre Sage, depuis son arrivée, s’évertue à bâtir une équipe cohérente, stable, capable de s’adapter sans se diluer. Le RC Lens est en train de retrouver le haut du tableau, mais le technicien refuse l’idée d’une équipe à deux vitesses. La Ligue 1 ne fait pas crédit à ceux qui choisissent leurs combats.
Et samedi, c’est Strasbourg qui débarque à Bollaert. Pas un cador historique, mais un adversaire coriace, aux dents longues. Une bonne occasion pour les Sang et Or de montrer qu’ils savent aussi respecter les plats du jour.
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