Après un été rempli d’incertitudes et de spéculations autour de la réserve lensoise, Benjamin Parrot a enfin pris la parole. Dans un entretien accordé à La Voix du Nord, le directeur général du RC Lens a levé le voile sur les raisons du forfait général en R1 et détaillé le nouveau cap fixé pour la formation sang et or.
Le forfait général de la réserve n’est pas un abandon, mais un choix assumé. Derrière ce coup de tonnerre se cache une refonte profonde de la formation à La Gaillette. « Notre objectif n’est pas de jouer des championnats, mais de former des joueurs pour l’équipe première », insiste Parrot.
Depuis son arrivée, en tandem avec Jean-Louis Leca, la priorité a été donnée à un projet global : redonner à la formation lensoise « toutes ses lettres de noblesse ». Fini l’accumulation de joueurs pour faire du nombre, place à une sélection drastique, à l’idée de bâtir un centre d’élite. « On veut être qualitatif et extrêmement sélectif », résume-t-il.
Dans cette logique, le championnat de R1 est vite apparu comme un carcan. « C’est un championnat d’adultes, avec toujours les mêmes derbys. Pour un jeune, ce n’est pas l’idéal pédagogiquement », explique le dirigeant. Lens veut confronter ses espoirs à des situations variées, pas les user sur des oppositions répétitives.
Les exemples concrets abondent. Rayan Fofana, convoqué avec les pros à Marseille puis aligné en réserve le lendemain, ou Tom Pouilly, resté sans rythme plusieurs semaines avant une titularisation brutale à Lyon. Autant de scénarios où la réserve n’a pas rempli son rôle de tremplin, mais plutôt créé des déséquilibres.
Le club a donc sollicité la FFF pour rejoindre le Challenge Espoirs, compétition en semaine où les jeunes peuvent être suivis par le staff pro et où la continuité est plus naturelle. Mais faute d’inscription possible en district, Lens n’a eu d’autre choix que de maintenir une équipe en R1… pour mieux déclarer forfait.
Un geste mal perçu par certains clubs amateurs, que Parrot réfute. « On respecte le foot amateur, on en vient tous. Ce n’est pas un refus de se mélanger, c’est une volonté d’offrir à nos jeunes les meilleures conditions », jure-t-il. La Gaillette restera ouverte, assure-t-il, aux techniciens et éducateurs de la région.
Pour compenser, le Racing prévoit des matches amicaux calibrés : contre des blocs bas, des équipes athlétiques ou des centres prestigieux, comme Liverpool récemment. « Chaque match doit répondre à une problématique précise », précise Parrot, qui veut multiplier les retours vidéos et les mises en situation adaptées.
La finalité est claire : augmenter le nombre de jeunes capables d’intégrer les pros. Aujourd’hui, à peine un joueur par génération parvient à percer. Demain, Lens espère faire mieux. « Si on permet à plus de jeunes d’accéder au monde pro, alors le contrat sera rempli », conclut le directeur général.
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