Létang et Oughourlian, deux présidents, deux visions, un clash

Partagez sur vos réseaux

Dans le grand barnum du foot français, où la Ligue 1 ressemble de plus en plus à une foire à la décision bancale, il fallait bien qu’un duel nordiste vienne ajouter un peu de piquant. D’un côté, Joseph Oughourlian, patron cash du RC Lens et franc-tireur médiatique, fusil chargé contre Vincent Labrune et la gestion en roue libre des droits TV. De l’autre, Olivier Létang, président du LOSC, figure de proue de l’institution, proche de Labrune, défenseur autoproclamé de la “cause commune”. Résultat : un derby par micros interposés, bien plus savoureux que certains 0-0 du samedi soir.

Létang, en bon soldat de la LFP, s’est offert une conférence de presse très politique, en marge de la présentation des recrues lilloises. Et entre deux banalités sur l’intégration d’Hamza Igamane et Calvin Verdonk, le président a sorti les crocs : « Se critiquer publiquement ne fait pas avancer le débat », balance-t-il, en visant sans les nommer les pyromanes de service, Oughourlian et McCourt.
Car à ses yeux, l’homme fort de Lens joue une partition solitaire, où l’égo prend le pas sur l’intérêt général. Létang le martèle : « Je n’ai pas d’agenda personnel », sous-entendu : contrairement à d’autres. La charge est feutrée, mais bien réelle. Oughourlian, qui rêve d’un grand ménage à la tête de la LFP, est clairement désigné comme le trublion qui secoue un cocotier déjà bien fragile.

Sur le dossier brûlant de DAZN, le divorce est acté. Létang assume : il était contre l’abandon du contrat. « À quel moment on décide de lâcher 350 M€ de droits TV ? », s’interroge-t-il, désabusé. Une critique nette du virage pris vers “Ligue1+”, la plateforme que soutient pourtant Oughourlian, au nom d’un renouveau plus maîtrisé.
La vision du président lensois, lui, ne varie pas d’un iota : il accuse la LFP d’avoir « tué le produit Ligue 1 », dénonce les errements passés et réclame des comptes. Une sortie en tandem avec Frank McCourt dans Le Figaro a récemment mis le feu aux poudres, alimentant un climat de fronde dans lequel Lens et Marseille se positionnent en porte-étendards d’un “autre football”.

Létang, lui, ne veut rien savoir de ces grandes envolées. Il parle de “solidarité”, de “gestion saine”, de “gouvernance évolutive”, une langue technocratique qui tranche avec le style cash d’Oughourlian. Pour Létang, le rôle des clubs est clair : travailler ensemble, pas jouer les snipers dans la presse.
Mais ne soyons pas dupes : derrière les postures, c’est bien un rapport de force qui se joue. Entre un président lillois qui s’inscrit dans le système, et un président lensois qui veut le renverser. Entre un homme de réseau (Létang, ex-PSG, ex-Rennes, bien inséré au cœur du foot business) et un outsider dont l’influence grandit dans l’ombre de la révolte.

Et si les mots restent pour l’instant polis, le clash est là. Chaque déclaration, chaque pique, chaque tribune médiatique vient alimenter cette guerre larvée. Ce n’est plus un derby. C’est une guerre de tranchées.
Le Derby du 20 septembre est en tout cas lancé !

Nos derniers articles :