Robin Risser accuse Strasbourg

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Samedi après-midi à Bollaert, un visage familier croisera à nouveau le chemin du RC Strasbourg. Mais cette fois, c’est dans la cage du RC Lens que Robin Risser s’emploiera à faire barrage. Une manière symbolique, et peut-être un brin savoureuse, de rappeler aux décideurs strasbourgeois qu’ils sont passés à côté d’un gardien qui brille désormais au sommet de la Ligue 1.

Formé à la Meinau, Risser était dans les petits papiers pour prendre le poste de numéro un cette saison. Le projet initial, côté alsacien, semblait clair : faire confiance au prometteur portier de 21 ans. Mais entre les intentions locales et la réalité londonienne, un gouffre s’est ouvert. Derrière la façade du Racing, c’est bien BlueCo, le consortium propriétaire de Chelsea et actionnaire majoritaire du RCSA, qui aurait tiré les ficelles, sans que Liam Rosenior, le coach, ne s’y oppose.
« Ma volonté, dans un premier temps, c’était de devenir le gardien titulaire. C’était aussi la volonté du club, en Alsace, mais peut-être pas outre-Manche », glisse Robin Risser avec une diplomatie aiguisée dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Deux erreurs en match amical auront suffi à fragiliser sa position. Le couperet est tombé sans appel : Djordje Petrovic, fraîchement prêté par Chelsea, est arrivé, balayant les espoirs de titularisation du jeune Alsacien.

Une manœuvre qui, sans surprise, a laissé des traces. « Il y a des choses qui ont été difficiles à accepter, même si j’ai fini par les accepter avec le temps. » La fracture est devenue irrémédiable en décembre, lorsque Risser a été prêté comme joker médical. « J’ai fait comprendre à mes agents que mon objectif n’était plus de revenir à Strasbourg. Il y a quelque chose qui s’est cassé à ce moment-là. »
Et le voilà aujourd’hui sous les couleurs sang et or, auteur d’un début de saison époustouflant. Meilleure défense du championnat, 80 % d’arrêts, 33 parades au compteur… et une réputation qui commence à dépasser les frontières. À Lens, il s’est refait un nom et un avenir.

S’il jure qu’il n’y aura « aucun sentiment de revanche » ce samedi, il est difficile d’imaginer que l’ancien de la maison bleue ne rêve pas, au fond, d’un clean sheet XXL face à son ex. Histoire de rappeler à Liam Rosenior, et à ses dirigeants londoniens, ce qu’ils ont laissé filer.
« Je suis très, très heureux ici à Lens. J’espère y rester encore quelques années », conclut-il, le regard tourné vers les sommets.

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