Ce ne sont encore que des matchs de préparation, mais le message, lui, est déjà limpide. Vainqueur successivement de Crystal Palace (3-0) puis de Villarreal (3-1) pour remporter la Como Cup, Dino Toppmöller réussit clairement ses débuts sur le banc lensois. Une dynamique positive qui tombe à point nommé, tant l’entraîneur allemand s’apprête à imposer des choix qui risquent de ne pas faire l’unanimité dans son propre vestiaire.
Un principe non négociable : personne n’est intouchable
Conscient que le calendrier va se densifier de façon significative avec l’arrivée de la Ligue des champions, l’ancien technicien de l’Eintracht Francfort a d’ores et déjà prévenu qu’il comptait faire tourner son effectif de façon régulière, quitte à froisser certains statuts acquis. Peu importe si certains cadres digèrent mal de se retrouver sur le banc plus souvent qu’à leur tour : la philosophie ne changera pas. « C’est vrai que je préfère gagner 4-3 que 1-0, mais il faut être juste », a-t-il expliqué à L’Équipe, avant de justifier sa méthode par un exemple vécu en Bundesliga : mené 6-0 à la 60e minute face à Mönchengladbach, il avait alors fait entrer cinq remplaçants pour préserver ses organismes avant une échéance européenne, avant de voir son équipe concéder quatre buts. « On me l’a reproché, mais si tu ne fais pas tourner dans ce cas, tu le fais quand ? »
Des critiques qu’il refuse catégoriquement d’entendre
L’Allemand n’en est d’ailleurs pas à sa première polémique sur le sujet. Il évoque un scénario comparable vécu face à Cologne, où son équipe avait fini par l’emporter 4-3 après avoir mené 4-1, suscitant là aussi son lot de critiques. Un traitement qu’il juge à géométrie variable selon les observateurs : « le 5-4 de PSG-Bayern, tout le monde a adoré, mais à Francfort, ça ne va pas ? Les gens ne comprennent pas la gestion. »
Un avertissement clair avant une saison à rythme soutenu
Le message vaut clairement d’avertissement pour l’ensemble du vestiaire lensois. Dino Toppmöller rappelle que la saison précédente s’est jouée sur un rythme bien plus confortable, avec un seul match hebdomadaire. La donne va radicalement changer cette année : « cette année, ce sera un tous les trois jours. On veut en profiter, mais il faudra être prêt physiquement, mentalement et accepter les rotations. » Un discours qui l’expose à un risque assumé : présenter parfois une équipe un cran moins compétitive sur certaines rencontres, au nom d’une gestion pensée sur l’ensemble de la saison plutôt que match par match.
Reste que cette gestion n’a pas toujours été un franc succès en Allemagne : c’est justement une défense devenue trop perméable qui avait fini par coûter sa place à Toppmöller à Francfort en janvier dernier, quelques mois avant son arrivée à Lens. De quoi rappeler que la méthode, aussi assumée soit-elle, comporte aussi sa part de risque.
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