R.I.P Monsieur Gasset

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Il y a des voix qui ne s’éteignent jamais vraiment. Celle de Jean-Louis Gasset, rocailleuse, malicieuse, familière, s’est pourtant tue ce vendredi matin. L’ancien entraîneur, figure inaltérable du foot hexagonal s’en est allé à l’âge de 72 ans. Il y a quelques semaines à peine, il commentait encore Paris FC – AJ Auxerre aux côtés de Smaïl Bouabdellah sur Ligue1+. Le costume de consultant lui allait bien : lucide, drôle, pédagogue. Et pourtant, derrière cette discrète reconversion se cachait un monument de notre football.

Jean‑Louis Gasset, c’était bien plus qu’un entraîneur. C’était un lien vivant entre plusieurs générations, un homme de terrain, un type de vestiaire, un regard complice avec les joueurs, une claque sur l’épaule suivie d’un bon mot. Il y avait chez lui la gouaille du Sud et l’intelligence du jeu. Il incarnait l’école des hommes de l’ombre, ceux qu’on n’entendait pas trop dans les médias mais que tous les joueurs voulaient dans leur coin.
Fils de la Paillade, élevé dans l’ADN montpelliérain, il avait connu tous les rôles au MHSC, du joueur au sauveur de dernière minute. Son nom était lié à celui de Nicollin, son club, à sa ville. En octobre 2024, il était encore appelé en pompier pour éviter au club de sombrer. Gasset, c’était le joker que l’on ne refusait jamais, le mentor qu’on rappelait toujours.

Mais le limiter à Montpellier serait réducteur. Son nom est aussi gravé en lettres d’or dans les palmarès du PSG et de Bordeaux. Adjoint fidèle de Laurent Blanc pendant près de dix ans, il fut le stratège discret de l’équipe de France (2010-2012), l’architecte de l’ère dorée du PSG pré-QSI, et l’artisan du titre girondin de 2009. Quand Blanc parlait de jeu, Gasset parlait de vestiaire. Quand l’un était le cadre, l’autre était la couleur.
Puis il s’était lancé en solo. À Saint-Étienne, il redonna du panache à une équipe en bout de souffle. À Marseille, en 2024, on le prenait pour un choix par défaut… avant qu’il ne ramène la flamme et une demi-finale de Ligue Europa, à 70 ans passés, prouvant que le football n’a pas d’âge quand on a encore la passion.
Et que dire de son passage à la tête des Éléphants de Côte d’Ivoire ? Parti en pleine tempête durant la CAN, il aura été, malgré lui, le détonateur du sacre de tout un pays. Un départ digne de lui : discret, élégant, sans rancune.

Jean-Louis Gasset, c’était aussi une transmission familiale. Son fils Robin continue de faire vivre l’héritage sur les bancs de touche. Et c’est à eux, à toute la famille Gasset, que le monde du football adresse aujourd’hui ses condoléances les plus sincères.
Le football français perd une voix, un regard, une casquette vissée sur le crâne. Mais il garde un modèle d’humilité et de fidélité. Jean-Louis Gasset n’était pas qu’un entraîneur : il était un pan entier de ce que le football devrait toujours être.
Adieu, coach. Et merci pour tout.

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