Paris est tragique, Lens est magique

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Le football français a vécu hier une nouvelle soirée historique. En dominant Arsenal au terme d’une finale étouffante, le Paris Saint-Germain a décroché la deuxième Ligue des champions de son histoire. Un accomplissement majeur pour le club parisien et une performance qui mérite d’être saluée, quel que soit le camp que l’on supporte.

Paris, champ de bataille

Comme souvent lors des grands succès sportifs, la fête s’est rapidement emparée de la capitale. Des dizaines de milliers de supporters ont envahi les rues pour célébrer l’événement. Mais, comme souvent également, la joie collective a été accompagnée de scènes beaucoup moins reluisantes.
Malgré un dispositif de sécurité massif, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé 780 interpellations ayant conduit à 457 gardes à vue. Un bilan qui interroge autant qu’il attriste. Car une fois encore, une partie des incidents semble avoir eu bien peu de rapport avec le football lui-même.

Une semaine plus tôt, un autre visage du football

Difficile, dans ce contexte, de ne pas repenser à ce qui s’est passé une semaine auparavant dans le Pas-de-Calais.
Après la victoire historique du RC Lens en finale de la Coupe de France, la région entière s’était transformée en immense célébration populaire. Entre le Stade de France, les rassemblements à Bollaert et les différentes fan-zones installées dans l’Artois, plus de 150 000 personnes avaient participé aux festivités.
Le lendemain, plusieurs dizaines de milliers de supporters avaient encore accompagné les joueurs dans les rues de Lens pour célébrer le premier sacre du club dans l’épreuve.
Résultat ? Aucun incident, aucune vague d’interpellations, aucune scène de violence. Simplement des familles, des enfants, des anciens, des passionnés réunis autour d’un même maillot.

Deux visions du supportérisme

La comparaison n’a évidemment pas vocation à opposer systématiquement Paris et Lens. La capitale concentre des problématiques de sécurité, de population et de mobilité qui n’ont rien à voir avec celles d’une ville de 30 000 habitants.
Mais les images racontent malgré tout quelque chose.
D’un côté, un football vécu comme une fête populaire où le club constitue un véritable élément d’identité collective. De l’autre, des débordements récurrents où certains utilisent les grands événements sportifs comme prétexte à l’affrontement, aux dégradations ou au pillage.
Les véritables supporters parisiens n’ont évidemment rien à voir avec ces comportements. Pourtant, année après année, les mêmes scènes se répètent après chaque grande victoire.

Le Trophée des Champions pose déjà une question

Le hasard du calendrier pourrait bientôt remettre le sujet sur la table. En août prochain, Lens et Paris devraient se retrouver à l’occasion du Trophée des Champions.
Le lieu de la rencontre reste encore à déterminer. Le Parc des Princes et Bollaert sont les deux options envisagées et les deux clubs devront s’entendre pour désigner le lieu.
Sans tomber dans la caricature, les événements de ces derniers jours apportent un argument supplémentaire aux partisans d’une organisation dans le Nord. Non pas parce que Lens serait un paradis exempt de tout incident, mais parce que la culture populaire qui entoure le club a démontré, une nouvelle fois, sa capacité à célébrer sans basculer dans les excès.

Dans une époque où chaque grande fête du football semble s’accompagner d’un bilan sécuritaire, c’est peut-être finalement cela la plus belle victoire du peuple lensois : avoir conservé l’essentiel, la capacité de faire la fête pour le football… et uniquement pour le football.

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