Matthieu Udol chez les Bleus : le bon timing ou l’illusion médiatique

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À 29 ans, Matthieu Udol n’a jamais été aussi proche de frapper à la porte de Clairefontaine. Et pour une fois, ce n’est pas qu’un emballement de supporters en manque de Bleu estampillé Sang et Or.

Le contexte lui est favorable. À gauche, l’équipe de France avance sur du sable. Lucas Digne tient la corde sans être indiscutable, Théo Hernandez a choisi l’exil saoudien et traîne désormais plus de doutes que de certitudes. Le boulevard n’est pas ouvert, mais la barrière n’est plus électrifiée.
Matthieu Udol, lui, empile les arguments. huit passes décisives et un but en 23 matchs, championnat et coupe confondus, une activité constante, une vraie fiabilité défensive et cette capacité rare à répéter les efforts. Statistiquement, il fait mieux que la quasi-totalité des défenseurs européens à son poste. Sportivement, il est l’un des moteurs du RC Lens, solidement installé en haut de tableau. Symboliquement, son parcours parle pour lui : quatre ruptures des croisés, des années à cravacher dans l’ombre, avant d’émerger enfin au bon endroit, au bon moment.

Le bruit enfle, porté par les médias, les consultants et une partie du public. Daniel Riolo pousse ouvertement sa candidature, louant un joueur qui assume, se montre, parle bien et joue sa carte à fond. Un détail qui peut agacer… ou séduire. « Des nouveaux qui débarquent à six mois de la Coupe du monde, c’est rare. Mais on est beaucoup à trouver que ce serait une bonne idée. » déclare notamment le journaliste RMC. Car Udol n’attend pas qu’on l’invite : il frappe juste à la porte.
Reste l’obstacle majeur : Didier Deschamps. Le sélectionneur n’a jamais été un adepte des promotions tardives à moins de six mois d’une Coupe du monde. La logique de groupe, l’habitude, la confiance accumulée pèsent lourd.
Udol le sait et avance sans s’enflammer. Il parle d’espoir, pas d’exigence. De continuité, pas de récompense. S’il doit convaincre, ce sera par ses performances, pas par le bruit autour de son nom.
Alors, surprise à la Pavard ou belle histoire avortée ? La réponse appartient au sélectionneur. Mais une chose est sûre : aujourd’hui, ignorer Matthieu Udol serait au minimum regarder ailleurs. Et à ce poste-là, ce serait presque une faute professionnelle.

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