Ce qui devait être un match de football entre Metz et Lens s’est transformé, mercredi soir, en démonstration de bêtise. Un festival d’idioties collectives, mené tambour battant par des groupes ultras incapables de comprendre que le football est encore censé être une fête. Résultat : une rencontre interrompue à trois reprises, des chants homophobes venus des deux camps, des projectiles, du gaz lacrymogène et, bientôt, des sanctions.
Tout a commencé dès la 27e minute, quand une vingtaine de membres de la Horda Frenetik, disant réagir à l’envoi de fumigènes, et profitant du déploiement d’une banderole en hommage à Marcel Husson, ont quitté leurs sièges en tribune Est pour aller provoquer les 1000 supporters lensois installés juste à côté. Une escalade verbale, puis des jets de projectiles, des chants haineux et homophobes ont suffi à faire intervenir l’arbitre Abdelatif Kherradji. Pause numéro une.
Une dizaine de minutes plus tard, deuxième interruption. Cette fois, les forces de l’ordre ont dû utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser les plus excités. Leurs fumées ont incommodé joueurs et spectateurs. Quelques CRS plus tard, un cordon de sécurité est installé, l’illusion du calme revient… jusqu’à la 70e minute. Là, de nouveaux chants insultants, cette fois venus du parcage lensois, déclenchent une ultime coupure. Risser et Thomasson tentent de calmer les leurs, sans succès. Côté messin, les dirigeants crient au sang-froid : « Le pire a été évité », affirment-ils, saluant la coordination des stadiers.
Mais à l’heure de tirer les leçons, tout le monde regarde ailleurs. Du côté du RC Lens, qui n’a pas souhaité répondre à l’Equipe, silence radio. À Metz, on assure avoir porté plainte contre les fauteurs de troubles messins et promet une identification grâce aux caméras. Comme d’habitude.
La commission de discipline, elle, tranchera le 12 novembre. Huis clos partiels, amendes, blâmes, interdiction de déplacement pour les Lensois ? On y est presque habitués. La tribune Est de Saint-Symphorien n’en est pas à sa première sanction, et les supporters lensois, pourtant réputés exemplaires dans d’autres circonstances, n’ont cette fois rien fait pour redorer leur image.
Dans un climat national déjà tendu autour des comportements dans les stades, ce Metz – Lens a offert un triste condensé de ce que les groupes ultras peuvent produire de pire : une haine bête, bruyante, parfois violente, et trop souvent tolérée. Car à force de tout excuser au nom de la passion, on en vient à oublier que la passion n’est pas une excuse à l’imbécillité.
Conclusion ? Une soirée gâchée, une image du football abîmée et deux camps qui, chacun dans leur coin, se rejettent la faute comme des collégiens pris en flagrant délit. Mais au final, ce sont toujours les mêmes qui paient : les familles, les vrais supporters… et le football lui-même.
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