France U17–Brésil : les Bleuets sortent aux tirs au but, Ilan Jourdren n’a pas démérité

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La Coupe du Monde U17 s’arrête en huitièmes pour les Bleuets, battus par le Brésil aux tirs au but (1-1, 4-3 tab) ce mardi. Un scénario classique : la France mène, recule, subit, craque à la 89e… et finit punie à la loterie. Au milieu du naufrage collectif, un nom à retenir côté lensois : Ilan Jourdren. Le jeune gardien du RC Lens a longtemps tenu la baraque, avant d’être rattrapé par les erreurs des autres… et par la sienne.

La France ouvre, puis ferme boutique

Tout avait pourtant bien démarré. À la 33e minute, Rémi Himbert ouvre le score et les Bleuets prennent les commandes face à la Seleção. On pouvait rêver d’un exploit face au Brésil, un vrai.
Mais derrière, copie conforme du match face à la Colombie : la France arrête de jouer. Bloc qui recule, ballon abandonné à l’adversaire, et l’équipe qui se contente de défendre, fébrile.
Les Bleuets garent littéralement un bus devant Ilan Jourdren pour empêcher les attaquants brésiliens de trop s’approcher. Ça tient un temps, ça s’arrache, ça balance loin devant… mais à ce niveau, ça finit toujours par revenir comme un boomerang.

Jourdren, le mur

Au milieu de ce siège brésilien, Ilan Jourdren fait ce qu’il peut. Et il fait beaucoup. Déterminé, rassurant, très vocal pour son âge, le Lensois se comporte en patron derrière une défense souvent au bord de la rupture.
Il y aura bien une petite frayeur : une relance au pied complètement manquée en seconde période, qui aurait pu coûter cher. Mais le portier sang et or se reprend vite et continue de tenir sa défense à bout de voix. Pour un gamin de son âge, ça respire le caractère.
La chance lui donne un petit coup de main : sauvé par ses poteaux à deux reprises, dont une fois sur penalty, Jourdren voit le cadre jouer les coéquipiers de fortune. Peu importe, on ne demande pas au gardien de choisir le bois, mais d’être là quand il faut. Et sur ce plan-là, le Lensois a longtemps répondu présent.

Le marquage en vacances, l’égalisation comme une punition

Puis arrive la 89e minute, celle où les organismes lâchent et où les neurones de certains défenseurs prennent visiblement un congé sans solde. Grossière erreur de marquage dans la surface, un Brésilien se retrouve avec trop de liberté, et le missile part. La frappe file à quelques millimètres des mains de Jourdren, qui ne peut qu’effleurer le ballon. 1-1.
On parlera de tir imparable, de fatalité, de réalisme brésilien… mais la vérité, c’est qu’à ce niveau, laisser autant d’espace à ce moment-là du match, c’est du sabotage. Et c’est le gardien qui encaisse, pour la feuille de stats comme pour la frustration.

La séance de tirs au but : la loterie…

Direction les tirs au but. Et là encore, la soirée d’Ilan Jourdren se transforme en condensé de tout ce qui a fait ce match : du bon, du moins bon, et beaucoup de regrets. La France rate son premier tir. Sur le premier tir au but brésilien, le gardien Lensois se rend coupable d’une grosse faute de main : le ballon lui échappe et la France commence la séance en étant déjà dos au mur. Mauvais signal.
Mais le portier se reprend. Il sort un arrêt sur l’un des penalties suivants, redonne un peu d’espoir, reste dans son match. En face, les Brésiliens ne tremblent pas beaucoup.
Le problème, c’est surtout côté tireurs, plusieurs penalties sont très mal tirés, sans conviction, sans précision, presque sans idée. Des cadeaux pour un gardien brésilien qui n’en demandait pas tant. Résultat final : 4-3 pour le Brésil, et retour à la maison pour les Bleuets.

Bilan pour le Lensois : une vraie copie de gardien… dans une équipe qui a reculé. Si on zoome côté RC Lens, la prestation d’Ilan Jourdren reste globalement positive malgré les petites erreurs. Très mature dans son attitude, vocal, leader derrière, déterminé sur sa ligne, sauvé par ses montants, certes, mais abandonné par son marquage sur le but.
On pourra lui reprocher cette relance au pied ratée en seconde période et cette faute de main sur un penalty brésilien, deux détails qui comptent à ce niveau. Mais difficile de faire porter la responsabilité de l’élimination au Lensois quand, collectivement, la France a choisi de défendre son but dès son ouverture au lieu de tuer le match.

Le Brésil file en quarts, où il retrouvera vendredi le Maroc ou le Mali. La France, elle, va rentrer avec son éternel refrain : « On menait, puis… ».
Pour Ilan Jourdren, en revanche, ce Mondial restera comme une étape intéressante dans sa progression : un parcours de très haut niveau, un rôle de dernier rempart sous feu continu, quelques erreurs qui serviront de leçon… et la confirmation qu’à Lens, on a bien un jeune gardien avec du caractère à suivre de très près qui devrait être le futur remplaçant de Robin Risser.

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