Il y a des vents contraires, et puis il y a des tempêtes que l’on se fabrique soi-même. Depuis son arrivée à la tête du Stade Rennais en octobre 2024, Arnaud Pouille, ancien homme fort du RC Lens, s’échine à transplanter le « modèle lensois » en Bretagne… sans se soucier du climat local. Résultat ? Une greffe qui vire au rejet.
En un an, le président exécutif du SRFC a multiplié les clins d’œil à son passé artésien : Brice Samba, Seko Fofana, Przemyslaw Frankowski, Ayanda Sishuba, Hervé Sekli, Laurent Bessière… la moitié du staff de Franck Haise semble avoir été réembauchée à la Piverdière. Une stratégie du copié-collé qui commence sérieusement à faire grincer des dents.
Mais à Rennes, on attend des résultats, pas des souvenirs de vestiaire.
Et pour l’instant, la mayonnaise ne prend pas. Sportivement, le Stade Rennais alterne le très moyen et le franchement inquiétant. Battre l’OM à dix, puis prendre une fessée à Lorient (0-4), dominer Lyon mais se faire reprendre par Nantes (2-2)… le tout sans identité de jeu claire, malgré un effectif XXL. Et quand le RC Lens, avec un joueur en moins dès la première minute, vient imposer un 0-0 au Roazhon Park, c’est toute une direction qui vacille.
Habib Beye, déjà en sursis, pourrait sauter après Le Havre ce week-end. Mais il ne serait pas surprenant qu’Arnaud Pouille soit le suivant sur la liste. Car au-delà du terrain, c’est la gestion même du club qui fait tiquer. Recrutements douteux (Embolo, Lepaul pour près de 30 millions), salaires extravagants (Fofana, Samba, Rongier…), absence de ligne directrice, communication nébuleuse… Les critiques s’accumulent.
Sur X, le journaliste d’investigation Romain Molina ne s’est pas privé : « La direction a balancé presque 30 millions pour Embolo et Lepaul. Il n’y avait pas mieux à faire vu le marché cet été ? Et les Pinault laissent faire… ». Pour l’instant. Mais si les finances virent au rouge, le couperet pourrait tomber plus vite que prévu. Et c’est bien Pouille qui en ferait les frais.
Même David Gluzman, chroniqueur sur RMC, résume la situation avec une certaine cruauté : « La qualité des dirigeants n’a jamais été à la hauteur des moyens engagés. Le mandat actuel de Pouille en est une illustration flagrante. »
En clair, le Stade Rennais est en train de découvrir que copier le RC Lens ne suffit pas pour obtenir les résultats de Lens. Pire encore : en se heurtant au bloc lensois à dix contre onze, Arnaud Pouille a peut-être signé, involontairement, le début de sa propre chute.
L’ironie du sort ? Elle est totale. Car si il a bel et bien importé une part du RC Lens à Rennes, c’est peut-être le RC Lens lui-même qui vient de donner le coup de grâce à son aventure bretonne.
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