Le RC Lens a relancé la machine à regrets en Alsace. En déplacement à la Meinau, les Sang et Or ont laissé filer une rencontre qu’ils semblaient pourtant maîtriser à la pause, ravivant les vieux démons de la saison passée : cette fâcheuse habitude de ne jouer qu’une mi-temps sur deux.
Un match sur courant alternatif
Le scénario a rapidement pris des allures de montagnes russes. Après une entame fantomatique de quinze minutes où le Racing a subi sans opposer la moindre résistance, le bloc artésien a su inverser la tendance. « Puis on est entré dans notre match, on a eu pas mal d’occasions, mais il fallait en profiter », a souligné Dino Toppmöller à l’issue de la rencontre.
Et pour cause, la seconde période a balayé ces minces certitudes en un clin d’œil. Cueillis à froid par une égalisation dès la 48e minute, puis miraculés sept minutes plus tard par un hors-jeu salvateur, les Lensois ont fini par rompre définitivement à la 85e minute. Paradoxalement, il aura fallu ce coup de massue pour que l’équipe se remette enfin à jouer, une réaction bien trop tardive.
Les avertissements ignorés de la mi-temps
Cette incapacité à gérer les temps faibles a profondément agacé l’entraîneur allemand, d’autant plus frustré qu’il avait expressément mis en garde son vestiaire à la pause. « J’ai dit au groupe qu’avec le pressing, le gardien allait relancer sur l’ailier. On n’était pas assez agressifs, on est en retard au deuxième poteau », a-t-il fustigé, ciblant l’apathie de sa défense sur l’égalisation, mais aussi la « perte de balle de notre numéro 6 » sur le but de la défaite.
S’il a tenu à saluer le sursaut d’orgueil des dernières minutes (« La réaction, c’est ce qu’on veut voir »), le constat du manager reste foncièrement amer : les munitions étaient là, mais le réalisme a fugué. « On a eu de bonnes occasions en fin de match. Mais encore une fois, on n’en a pas profité. »
Entre temps forts gâchés et trous d’air fatals, la leçon est limpide pour les Artésiens. Dans un championnat où chaque détail pèse lourd, de simples fulgurances ne suffisent pas à compenser un cruel manque de constance sur quatre-vingt-dix minutes.
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