Il y a des trajectoires qui donnent le vertige, tant l’écart entre le sommet et la chute paraît immense. Celle de Salis Abdul Samed en fait clairement partie. Trois ans après avoir formé l’un des duos de milieu les plus solides de Ligue 1 aux côtés de Seko Fofana, le Ghanéen se retrouve aujourd’hui écarté du groupe professionnel de l’OGC Nice, envoyé en réserve à l’approche de la reprise, dans une situation qui rappelle douloureusement ses derniers mois à Lens.
L’éclat lensois, puis le décrochage
Tout avait pourtant si bien commencé. Arrivé en 2022 pour succéder à Cheick Doucouré, Salis Abdul Samed avait immédiatement trouvé sa place aux côtés de Seko Fofana, formant un duo complémentaire capable de dicter le tempo et d’étouffer n’importe quel entrejeu adverse, lors de la belle saison lensoise 2022-2023. Mais le départ de l’Ivoirien vers l’Arabie saoudite a profondément déstabilisé son football. Sa deuxième saison en Artois n’a jamais retrouvé ce niveau, marquée par une perte d’influence qui avait fini par agacer Franck Haise, au point de le placer au loft en fin d’exercice.
Un prêt raté, puis un retour impossible
Direction Sunderland alors, à l’été 2024, en Championship. Un exil qui tourne rapidement au fiasco : blessé au psoas, le milieu ne dispute que onze matchs et ne parvient jamais à convaincre. Malgré son souhait de prolonger l’aventure anglaise, le club britannique tranche en sa défaveur. De retour à Lens pour la préparation estivale suivante, Abdul Samed vit alors un autre chemin de croix : aucune apparition lors des sept matchs amicaux du club, un entraînement à l’écart du groupe professionnel, et des matchs disputés uniquement avec la réserve. Devenu clairement indésirable aux yeux de Pierre Sage, qui le placardise, son départ s’impose comme une priorité du mercato été 2025 lensois.
Nice, la fausse bonne idée de Franck Haise
C’est là que son ancien mentor Franck Haise, désormais sur le banc niçois, décide de lui tendre la main. Nice et Lens s’accordent sur un transfert à 2 millions d’euros bonus compris, et le Ghanéen s’engage pour trois saisons sur la Côte d’Azur avec l’espoir sincère de relancer sa carrière aux côtés de celui qui l’avait pourtant lui-même écarté quelques mois plus tôt à Lens. Mais malgré 28 rencontres disputées la saison passée, le rendement reste très loin des attentes des dirigeants azuréens. Claude Puel finit par l’écarter avant la finale de Coupe de France face à… son ancien club, en mai dernier. Et depuis, la spirale continue : selon L’Équipe, Salis Abdul Samed s’entraîne désormais avec la réserve niçoise, aux côtés de Terem Moffi et Kevin Carlos, d’autres pestiférés, tandis que Nice chercherait déjà à s’en séparer.
Une cote qui dit tout de cette dégringolade
Les chiffres résument à eux seuls cette trajectoire brisée. Évalué à 18 millions d’euros en juin 2023, au sortir de sa saison référence à Lens, le milieu ghanéen ne vaut plus que 4 millions d’euros selon Transfermarkt aujourd’hui. À 26 ans, encore sous contrat pour deux ans avec Nice, son avenir reste totalement suspendu, et un possible rebond paraît chaque jour un peu plus incertain pour un joueur qui semblait pourtant promis à s’installer durablement au sommet de la Ligue 1.
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